Success story

JouéClub, une passion de plus de 60 ans

2013-04-17T06:58:00+02:0017.04.2013, 


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En 2012, et malgré un contexte tendu, JouéClub a réalisé un chiffre d'affaires de 553 millions d'euros sur plus de 300 magasins. Un succès qui tient en partie à l'organisation de ce réseau atypique : la coopérative.

Village JouéClub de Lyon
Crédits photo : JouéClub
Le Village JouéClub de Lyon

La naissance d’un réseau

Ensemble pour être plus forts

Depuis 61 ans, JouéClub cultive sa singularité. L’histoire de l’enseigne débute en 1952, et résulte de la volonté de trois hommes, passionnés de jouets, bien décidés à faire prospérer leur entreprise. Mais seuls, les contraintes et les coûts sont trop élevés. Ils se regroupent alors, afin de mutualiser les moyens et de créer un catalogue commun. L’aventure démarre. Deux ans plus tard, rejoints par d’autres entrepreneurs, ils s’associent en coopérative, sous le sigle EPSE (Entente des professionnels spécialistes de l’enfant). Très vite, ils atteignent la cinquantaine de membres, et le chiffre ne cesse de croitre.


Jackie Pellieux : Monsieur JouéClub

Mais le vrai tournant arrive en 1966. Il va être incarné par un homme : Jackie Pellieux. Issu d’une famille qui baigne dans le jouet, il est en charge de la communication et de développer l’identité du réseau. C’est ainsi que la marque JouéClub voit le jour. Dans les années 1980, tous les magasins du réseau adoptent ce nom et sa signalétique. Un rapprochement indispensable afin de lutter contre une concurrence féroce, symbolisée par des enseignes comme La Grande Récré ou encore Toys’R’Us.

Village JouéClub de Lyon
Crédits photo : JouéClub
Le Village JouéClub de Lyon

Un modèle particulier

La coopérative, un modèle à part

Pour faire face, JouéClub mise sur son organisation. « Le fait de se développer sous la forme d’une coopérative constitue notre force et nous distingue de nos concurrents », assure Alain Bourgeois-Muller, président de JouéClub. Et de poursuivre : « Chez nous, chacun gère son affaire et est libre de faire ce qu’il veut, même s’il existe un fil conducteur avec les catalogues. Une liberté que l’on ne retrouve pas chez nos concurrents. » Tout en conservant son indépendance, chaque commerçant peut bénéficier de la force du réseau, notamment pour la communication et la logistique. Et dans un système où l’on applique le principe « un homme = une voix », tous jouent un rôle prépondérant dans les décisions collectives.


La passion du jouet

Mais au-delà de leur volonté de développer leur activité et l’enseigne, tous les chefs d’entreprise du réseau ont un point commun : « ce qui fait l’ADN de JouéClub : l’amour du produit, le jouet. Nous sommes une grande famille où chaque membre est un passionné. C’est un univers magique », poursuit le président de l’enseigne. Une ligne directrice qui est devenue le slogan du réseau, « JouéClub : la passion du jouet ».

Village JouéClub de Lyon
Crédits photo : JouéClub
Le Village JouéClub de Lyon

Un secteur en mutation

Noël, période cruciale

De la passion, il en faut pour évoluer dans un secteur d’activité si particulier. « Nous réalisons 60 % de notre chiffre d’affaires annuel au moment des fêtes de Noël, indique Alain Bourgeois-Muller. Mais ce n’est pas pour autant que le reste de l’année nous nous croisons les bras. » D’ailleurs, les cadeaux de Noël dernier à peine déballés, tout le réseau planche déjà sur le catalogue de décembre prochain. « Nous avons des équipes qui travaillent à définir quelles vont être les tendances de demain. Si cette année les tablettes ont été à la mode, l’an prochain il en sera tout autrement. »

S’adapter aux évolutions

Si les désirs des enfants changent d’une année sur l’autre, leurs parents ne sont pas en reste. « Au fil des ans, nous constatons que les habitudes d’achat évoluent. Les gens s’y prennent de plus en plus tard. Ils viennent en repérage, se renseignent sur Internet et finalisent leur achat quelques jours avant Noël », analyse le président de JouéClub. Des habitudes de consommation qui permettent pour l’instant de lutter face à un concurrent de taille : Internet. « Pour ne pas nous laisser dépasser, nous accentuons notre professionnalisme ainsi que notre qualité de service et de conseil. » Résultat, en 2012, pleine période de crise, le réseau est resté dans la lignée de ses résultats 2011, avec un chiffre d’affaires général à périmètre constant de 553 millions d’euros.


Innovation permanente

Et si Internet effraie parfois, il peut aussi être un allié. « Nous avons un site général et nous souhaitons développer un site pour chaque magasin », détaille Alain Bourgois-Muller. C’est aussi dans cette optique que le système de « drive » a vu le jour. Très en vogue dans la grande distribution, ce service est peu à peu développé dans les magasins du réseau, bien que pour l’instant les clients n’aient pas ce réflexe. « C’est étonnant, mais celui qui fonctionne le mieux est celui du Village JouéClub à Paris. On est plus dans du métro-drive », s’amuse le président.

Développement en France et à l’étranger

2 500 amoureux du jouet

Si au départ, trois chefs d’entreprise ont initié le mouvement, l’enseigne compte aujourd’hui 347 magasins à travers le monde, pour un total de 2 500 salariés. En 2012, 17 nouvelles implantations ont vu le jour, toujours sur le modèle de la coopérative. Cependant, le réseau dispose de ses propres vitrines. C’est le cas des « Villages », dont le premier a vu le jour sur les Grands Boulevards à Paris. Aujourd’hui, on en compte deux autres à Lyon et Lille. Et dans les prochains mois, un Village JouéClub devrait voir le jour dans la nouvelle zone commerciale de Roissy.


À L’étranger selon les opportunités

Depuis six ans, JouéClub se déploie au-delà de l’Hexagone. « Nous sommes présents en Italie, au Maroc ou encore en Belgique. Nous nous développons selon les opportunités : nous ne sommes pas dans une course effrénée », tempère Alain Bourgeois-Muller. Et de conclure : « Nous ne sommes pas des boulimiques, en période de crise, nous nous portons bien et restons droits dans nos bottes, c’est bien l’essentiel. »