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Les professionnels de l’hôtellerie et de l’immobilier s’unissent contre Airbnb

2017-01-20T09:20:00+02:0020.01.2017, 


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Ces dernières années, le succès fulgurant de plateformes de réservation de logements entre particuliers telles qu’Airbnb a plombé l’activité des professionnels du secteur. Près de 800 d’entre eux viennent de déposer plainte auprès du parquet de Paris.

Airbnb dans le viseur
Crédits photo : shutterstock.com

Airbnb, Abritel, Le Bon Coin… Ces dernières années, des sites spécialisés dans la location de biens immobiliers entre particuliers ont bouleversé la façon de voyager et réserver ses résidences de vacances. Au point qu’aujourd’hui, il est parfois plus automatique de passer par l’une de ces plateformes plutôt que de se tourner vers les acteurs traditionnels de ces marchés que sont les hôteliers et les professionnels de l’immobilier. Pour ces derniers, l’heure est à la contre-attaque. Après avoir entamé une première action fin 2015 qui a permis de réunir un grand nombre d’informations, 800 plaignants représentés par les syndicats d’exploitants hôteliers GNI-Synhorcat, AhTop et des associations du monde de l’immobilier comme la Fnaim et le SNPI, ont en effet saisi le parquet de Paris le 16 janvier dernier. Ils déposent plainte contre ces sites et espèrent qu’ils soient reconnus comme des professionnels de la location saisonnière.

Des secteurs menacés

« Je comprends que des particuliers se soient tournés vers ces offres pour faire des économies sur leur location saisonnière », reconnaît Eric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier (1 100 agences dans le monde, dont 380 en France). « Mais les consommateurs risquent d’être abusés, de ne pas être couverts ou de se retrouver dans un hébergement de piètre qualité. » Ce dirigeant regrette notamment les impacts négatifs sur les professionnels de l’immobilier. « Cela représente une perte de 500 emplois en cinq ans ainsi que la sortie du parc immobilier de 20 000 logements à Paris », poursuit-il. Les locataires longue durée se trouvent, eux aussi lésés, et plus particulièrement dans les villes à forte attractivité touristique comme Paris, Barcelone ou Venise. « Attirés par des rendements élevés et en raison du déséquilibre des rapports entre bailleurs et locataires, largement favorables à ses derniers, les propriétaires n’ont pas hésité à trouver l’alternative Airbnb attractive », souligne Eric Allouche.


La question de la fiscalité

Comme dans de nombreux autres secteurs où de nouveaux acteurs du numérique sont venus se positionner – VTC vs taxis, loueurs automobiles vs sites de mise en relation tels que Drivy, etc – la fiscalité constitue l’une des problématiques les plus récurrentes. Profitant d’un flou juridique, ces sites ont en effet échappé à l’impôt en vigueur du côté des professionnels, créant ainsi une distorsion souvent dénoncée auprès des pouvoirs publics. « Ces plateformes agissent ouvertement comme des concurrents directs des professionnels  et ne sont pas soumises aux mêmes règles fiscales que ces derniers. On ne peut pas avoir  pour un même métier deux poids deux mesures, c’est pour ça que les professionnels portent plainte aujourd’hui », conclut Eric Allouche.

A noter que les autorités semblent aller vers davantage de réglementation : à partir du 1er janvier 2019, les sites de réservation auront en effet l’obligation de transmettre au fisc tous les revenus des particuliers loueurs.

Jennifer Matas