Restauration

Nantes aura son food hall en 2020

2018-02-12T08:16:00+02:0012.02.2018, 


imprimer

Un immense espace entièrement dédié à la restauration sortira de terre d’ici deux ans. Un format inédit dans le Grand Ouest, et c’est le Groupe Chessé qui en a remporté l’appel d’offres.

Food hall à Nantes
Crédits photo : Illustrations Gildas Joulain

En 2020, un food hall verra le jour à Nantes. Le groupe nantais Chessé a remporté l’appel d’offres lancé par la Samoa, l’organisme en charge de l’aménagement de l’île de Nantes où sera créé ce grand lieu dédié à la restauration.


Un espace de restauration de 800 m²

L’idée n’est pas de créer un food court, à savoir une aire de restauration dans laquelle plusieurs restaurants proposent leurs services autour d’une salle commune, mais plutôt un food hall. La différence ? On n’y vient pas uniquement pour se restaurer mais pour vivre diverses expériences autour de la nourriture, un peu comme cela se fait déjà à la Boqueria, le plus ancien marché couvert de Barcelone. Il s’agit donc davantage d’un lieu de vie que d’une simple zone de restauration, assure-t-on du côté des responsables du projet. « Ce sera un lieu mutant qui se transformera au fil de la journée pour entrer en résonnance avec les rythmes quotidiens d’un public divers – habitants, étudiants, actifs incluant startupers, créatifs et chercheurs, etc., détaille le groupe nantais. Le food hall accueillera ainsi, autour d’un espace central composé de grandes tablées généreuses, un bar-café, une dizaine de corners à thème, des espaces ouverts permettant l’accueil de pop-up stores, des expositions, un espace privatisable ainsi qu’un micro-marché nocturne deux fois par semaine. » Seront mis en valeur les exploitants locaux, les filières courtes et la diversité des propositions – cuisine végétarienne, sans gluten, carnivore, italienne, asiatique, etc. « L’offre de restauration – 200 places assises – inclura des valeurs sûres côtoyant des nouveaux venus plus créatifs, ou éphémères, afin de garantir une attractivité de long terme auprès des visiteurs », ajoute le Groupe Chessé.


L’île de Nantes en pleine mutation

Le food hall sera construit dans un lieu emblématique de la ville : l’île de Nantes. Ce quartier situé sur une île de la Loire et relié au centre-ville par une dizaine de ponts est en train d’opérer sa mue, sous l’égide de la Samoa. L’objectif : « fabriquer la ville autrement », explique-t-elle. Autrefois, l’endroit abritait les halles d’Alstom, une société spécialisée dans les transports. L’idée est de transformer l’espace en un lieu de vie urbain et convivial, qui s’inscrira dans la lignée des nombreux autres projets de réaménagement de l’espace déjà sortis de terre ou en cours de construction. « Sa position stratégique entre le parc des Chantiers, le palais de justice, la nouvelle école des Beaux-Arts et l’école d’Architecture, en fait le centre de gravité naturel du quartier, assure le Groupe Chessé. Et à plus large échelle, il dispose d’un emplacement idéal reliant le centre-ville – et les futurs aménagements de l’îlot Gloriette – aux Machines de l’île. » Aménagé sur deux niveaux – 600 m² au rez-de-chaussée et 200 m² à l’étage – ce food hall s’inscrira dans les volumes industriels existants puisqu’il conservera la structure métallique apparente si caractéristique de l’endroit.


Un défi à relever

Ce projet est d’ores et déjà annoncé comme une expérience inédite dans le Grand Ouest, loin de ce que d’autres régions ont pu déjà tester dans ce domaine. Car les food court n’ont pas la cote en France, mieux vaut donc prendre ces distances par rapport à ce modèle qui cartonne dans le reste du monde mais a du mal à trouver des adeptes dans l’Hexagone. « Les attentes des consommateurs évoluent de plus en plus rapidement, et les nouvelles générations souhaitent des expériences toujours plus valorisées et complètes lors de leurs achats, y compris dans le domaine de l’alimentaire et de la restauration, explique Bernard Boutboul, directeur de Gira Conseil. Le food court en soi – une halle avec des kiosques thématisés et de très nombreuses places assises – est assez ancien, le concept a été inventé au Canada il y a déjà une cinquantaine d’années, précise l’expert. Mais la nouveauté, c’est qu’à ce gigantisme originel s’ajoute depuis quelques années, aux quatre coins de la planète, un retour à la qualité, à la transition, à la fabrication sur place, à la minute et sous les yeux des clients, le tout exécuté par des artisans et des chefs. » Et le food hall de Nantes s’intègre dans ce mouvement.

Jennifer Matas