Tendance

Fleurs : le marché est-il encore porteur ?

2017-09-06T06:00:00+02:0006.09.2017, 


imprimer

Le nombre de fleuristes diminue drastiquement en France et les TPE du secteur font partie des petits commerçants qui génèrent les chiffres d’affaires les moins élevés en volume. Pourtant, la demande reste au rendez-vous et les opportunités pour réussir sur ce marché existent.

Devenir fleuriste en franchise
Crédits photo : shutterstock.com

Interflora, Monceau Fleurs, Carrément Fleurs, commerçants indépendants… Difficile de passer à côté d’un commerce de fleurs. Dans n’importe quelle ville de France, et ce, quelle que soit sa taille, il existe généralement un ou plusieurs magasins de ce type. Que ce soit pour des enterrements, des mariages, un anniversaire, une célébration particulière ou tout simplement pour se faire plaisir, les fleuristes constituent souvent l’une des pierres angulaires du commerce de proximité et sont souvent disponibles 7 jours sur 7 (87,5 % des fleuristes ouvrent le dimanche).

Des résultats mi-figue mi-raisin

Pourtant, la profession traverse quelques difficultés ces dernières années. Alors qu’il existait 15 256 entreprises spécialisées dans la fleur en 2012, elles n'étaient plus que 15 104 fin 2015, d’après la Fédération française des artisans fleuristes (FFAF). Parmi les entreprises restantes, la grande majorité (96 %) est une petite structure et compte moins de cinq salariés – au total, la filière emploie 15 980 salariés versus 18 332 en 2012, soit près de 13 % de moins en seulement trois ans. Une diminution qui s’explique par le repli de l’activité de la branche sur la période, ainsi que le révèle une étude de l’Institut d’Informations et de Conjonctures Professionnelles (I+C) réalisée pour le compte de la FFAF et de Val’hor. « Entre 2013 et 2015, le chiffre d’affaires de la filière a chuté de 6 % », note en effet l’étude. Le marché est passé en-dessous de la barre des 2 milliards d’euros pour s’établir, en 2015, à 1,97 milliard. Cela représente environ 130 400 euros de chiffre d’affaires par entreprise et 63 200 euros par actif.

Heureusement, les commerçants ne sont pas tous logés à la même enseigne : si le marché reste largement dominé par les indépendants, les franchises n’ont pas dit leur dernier mot et plusieurs réseaux affichent des résultats prometteurs. Carrément Fleurs, enseigne fondée par Bruno Pain en 2006, a par exemple enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de l’ordre de 20 % au premier semestre 2016 – 6,4 % à périmètre constant. Emova Group, propriétaire des enseignes Monceau Fleurs, Cœur de Fleurs, Happy et Au Nom de la Rose affiche, lui aussi, de belles performances après avoir traversé une période quelque peu tumultueuse. Sorti de sa procédure de sauvegarde avec cinq ans d’avance, le groupe vient de publier ses résultats au premier semestre 2017 et la croissance est au rendez-vous. « Sur la période, nous avons réalisé une croissance de 35 %, soutenue par le développement de nouveaux points de vente et la bonne intégration des magasins Au Nom de la Rose », déclare Laurent Pfeiffer, président du conseil de surveillance d’Emova Group.


Fleuriste en action
Crédits photo : shutterstock.com


Un métier en pleine mutation

Selon la FFAF, sur toutes les ouvertures de magasins distribuant des fleurs coupées et des plantes, la moitié sont des points de vente spécialisés tandis que l’autre moitié représente des boutiques multi-concepts orientées plutôt haut de gamme et dans lesquelles sont également vendus des éléments de décorations d’intérieur. Signe que le métier de fleuriste traditionnel est en pleine mutation et doit s’adapter pour répondre aux nouvelles exigences de consommation.

C'est pour cette raison que le groupe Emova a récemment impulsé une nouvelle stratégie pour son enseigne Rapid’Flore. Initialement conçue pour proposer des fleurs coupées en libre-service, l’enseigne s’est aujourd’hui repositionnée tout en montant en gamme. Baptisés « Cœur de Fleurs », ces nouveaux points de vente ont été réaménagés et accordent désormais une place centrale au métier de fleuriste. Plus question de se contenter de fleurs de basse qualité importées de Hollande dans des conditions plus ou moins bonnes. Aujourd’hui, le client devient exigeant, ainsi que le note la fédération. Aussi, même si le panier moyen n’a pas changé et reste aux alentours de 25 euros, le client attend de meilleures prestations et des fleurs ou plantes qui durent plus longtemps. Le savoir-faire du fleuriste en tant qu’artisan est plus que jamais central pour se démarquer de la concurrence et fidéliser une clientèle pointilleuse. Certains fleuristes n’hésitent pas à apposer leur signature à un bouquet comme pourrait le faire un artiste signant une œuvre d’art.


Internet, un enjeu majeur

En plus de la grande distribution et de la concurrence venant des jardineries (Truffaut, Jardiland, etc.), les fleuristes doivent également composer avec les sites spécialisés dans la livraison de bouquets et plantes tels que Florajet ou encore Aquarelle. Contrairement à bon nombre d’indépendants, les réseaux ont déjà pris les devants et commencent à développer leur offre digitale. Emova Group a par exemple lancé pour ses trois enseignes une application mobile dédiée à la commande en ligne, s’alignant ainsi sur l’offre numérique déjà très développée de sa récente acquisition, Au Nom de la Rose. Le groupe a également lancé une autre innovation : la dématérialisation de ses cartes fidélité. Désormais, un client peut consulter en temps réel le solde de ses points et connaître les offres de son magasin ou de l’enseigne à l’échelle nationale. Son rival Carrément Fleurs multiplie elle aussi les efforts sur la Toile. En plus de déployer une stratégie forte sur les réseaux sociaux, l’enseigne poste régulièrement des vidéos « do it yourself », très en vogue chez les internautes. Comme dans la majorité des branches du commerce, l’avenir des acteurs traditionnels s’écrira avec le numérique.