Enquête

Ouvrir un bar à sourire en franchise : opportunité à saisir ou risque inconsidéré ?

2011-10-10T09:00:00+02:0010.10.2011, 


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Depuis un an, les « bars à sourire » et enseignes de blanchiment des dents se développent à vitesse grand V. Pour l’heure, aucun texte ne régit la profession. Tout le monde est donc libre de l’exercer. Mais la situation devrait rapidement évoluer.


Crédits photo : Shutterstock.com

Les bars à sourire fleurissent à tous les coins de rue. Tout droit importé des Etats-Unis, le concept de blanchiment des dents séduit les entrepreneurs français. Avec la promesse d’un sourire digne des stars américaines, les clients se précipitent en boutique. Et ils ont le choix. Entre les particuliers et les enseignes organisées en réseau plus d’une centaine de points de vente se sont installés, en à peine un an. Parmi les réseaux sont présents : Magic Smile, Pure Smile, Happy Sourire ou encore Point Sourire.


Prudence

Les bars à sourire ont le vente en poupe, mais ils s’attirent le courroux des dentistes et chirurgiens dentistes, qui dénoncent l’usage de produits nocifs et la pratique d’actes professionnels par du personnel non habilité. « Comme pour tous les nouveaux secteurs où l’on voit des dizaines d’enseignes se développer en quelques mois, une certaine vigilance s’impose pour le blanchiment des dents », prévient Laurence Vernay, avocate au cabinet Saje. Avant de poursuivre : « une prudence exacerbée est nécessaire, tant cette activité est sous le feu des projecteurs et soulève un potentiel problème de santé publique. » Pour les aventuriers tentés par ces nouveaux concepts, l’avocate insiste sur l’importance du rôle du franchiseur : « les enseignes doivent anticiper de prochaines évolutions et effectuer une veille constante, afin de toujours informer les adhérents ou futurs collaborateurs. Ainsi, le DIP doit impérativement rendre compte des dernières décisions. »


Les réseaux prennent les devants

Du côté des réseaux, on s’organise. Point Sourire mise sur la formation des entrepreneurs indépendants et des salariés : « nous allons inaugurer notre nouveau centre de formation, avec un programme qui a été conçu avec des dentistes », explique Yann Toledo, directeur associé de l’enseigne. « Nous insistons sur l’hygiène de nos centres et le conseil apporté aux clients. Systématiquement, les personnes qui souhaitent un soin répondent à un questionnaire permettant de vérifier s’il existe des contre-indications », avance-t-il. Son enseigne se développe en concession. Après seulement un an d’existence, elle compte déjà 30 magasins à travers la France, dont un en propre. Pour soutenir ses adhérents, la tête de réseau a « souscrit une assurance qui permet de couvrir les frais judiciaires à hauteur de 30 000 euros et d’éventuelles poursuites. »


Le blanchiment des dents, une activité complémentaire

Happy Sourire, enseigne du groupe HyperMinceur, connait un déploiement plus modéré, avec 5 installations en France et 3 à l’étranger. « Pour l’instant nous développons cette activité en complément de nos autres spécialités comme Radical Epil ou HyperMinceur », explique Claude Rodriguez, dirigeant du groupe. Happy Sourire se positionne sur un segment low-cost et ne permet pas encore d’assurer une rentabilité suffisante. Par ailleurs, l’enseigne se distingue de la concurrence dans sa façon d’appréhender le métier. « Nous avons opté pour une prestation continue. Le traitement se fait en 8 ou 10 séances. Ainsi, les soins sont moins lourds et plus efficaces », insiste Claude Rodriguez.


Une spécialisation sur la sellette

Le mois dernier, l’Ordre national des chirurgiens dentistes a déposé une plainte pour exercice illégal. Ainsi, les instances européennes pourraient être saisies et devraient bientôt statuer sur cette activité. L’incertitude et les risques demeurent aussi bien pour les réseaux que pour les futurs candidats. « A mon sens, deux options sont à envisager : soit une interdiction pure et simple de l’activité par les non-praticiens, soit, et c’est plus probable, une règlementation stricte des produits utilisés, sur la qualité de la formation et les conditions d’hygiène », conclut Laurence Vernay.


Installer un bar à sourire : combien ça coute ?

Happy Sourire se développe en licence de marque. Il faut compter 6 000 euros de droits d’entrée et 2 000 euros de frais d’installation par box. Une implantation Happy Sourire compte 3 blocs. Ainsi, le coût total revient à 12 000 euros. L’enseigne préconise des emplacements 1 bis. Un centre réalise entre 8 000 et 15 000 euros par mois.

Du côté de Point Sourire, réseau en concession, aucun droit d’entrée n’est demandé. Un choix justifié par Yann Tolédo : « Nous sommes encore un jeune réseau, je ne me sens pas la légitimité de demander de l’argent aux personnes qui nous rejoignent et font confiance à l’enseigne. Nous instaurerons des droits d’entrée quand le réseau sera plus mature. » Ouvrir un centre Point Sourire revient aujourd’hui à 30 000 euros avec les travaux du local compris. Après deux ans d’activité, sur un emplacement numéro 1 ou 1 bis, un centre doit générer 150 000 euros de chiffre d’affaires annuel.