Magasins de meubles : des enseignes trop peu présentes sur Internet

2012-09-06T08:28:00+02:0006.09.2012, 


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Pour faire face au ralentissement du marché et à la concurrence du jeune habitat, les magasins de meubles traditionnels doivent intégrer le e-commerce à leur stratégie.

Magasin de meubles
Crédits photo : Shutterstock.com

Le marché du meuble résiste à la crise, mais doit « dépoussiérer » ses pratiques sous peine de voir ses clients lui tourner le dos : tel est le constat mis à jour par une étude publiée le 30 août dernier par, conjointement, Xerfi-Precepta et L’ObSoCo.

Une croissance affaiblie

Après une hausse de 2,5 % à 9,8 milliards d’euros en 2011, la croissance du marché du meuble devrait en effet ralentir en 2012, avec une progression de 0,6 %. Cette croissance tournerait autour de 1 % par an en moyenne entre 2013 et 2015, selon les prévisions des deux instituts. Une croissance affaiblie par « la réduction du poids de l’équipement du logement » dans la consommation des ménages, et par le « basculement progressif du marché vers des circuits de distribution d’entrée de gamme, à commencer par le jeune habitat ».


Un besoin d’accompagnement

Malgré un sentiment général de satisfaction des clients, ces derniers décrient la baisse de la qualité des produits (pour 67 % d’entre eux), le caractère injuste des prix pratiqués (pour 63 %), ainsi que la dégradation de la qualité des conseils des vendeurs (pour plus d’un tiers des clients). Les acheteurs de meubles sondés ont exprimé « un besoin très marqué d’accompagnement tout au long du processus d’achat », conclut l’étude.


Le e-commerce, démarche nécessaire

Pourtant, de nombreux efforts ont été réalisés pour renforcer le lien entre distributeurs et consommateurs : intégration de contenu éditorial et multimédia à leur site, animation de leurs pages sur les réseaux sociaux, applications mobiles, dispositifs crosscanal. Une démarche nécessaire mais insuffisante selon les deux instituts, qui déplorent l’absence des enseignes de distribution traditionnelle sur le créneau du e-commerce. D’après leurs estimations, l’e-commerce a assuré entre 9 % et 10 % des ventes de meubles en 2011, soit environ 900 millions d’euros de transactions.


Une concurrence forte

Concurrencés par les véadistes traditionnels (qui réalisent un tiers des ventes) comme La Redoute ou les 3 Suisses et surtout par les pure players comme Amazon, Cdiscount ou Rueducommerce (qui réalisent 45 % des ventes), les distributeurs traditionnels doivent réagir. L’étude conclut en pressant les distributeurs de « multiplier les occasions de rencontre des consommateurs avec leurs enseignes, investir dans des interfaces marchandes multiples et mettre en place une stratégie crosscanal. Autrement dit, combiner les possibilités offertes par internet et les points de vente. »

Xerfi-Precepta et l’ObSoCo se sont associés pour décrypter le marché de la distribution de meubles. Cette analyse s’est appuyée sur une enquête terrain commune et a abouti à la réalisation de deux études complémentaires : « La distribution de meubles à l’horizon 2015 : attitudes et comportements d’achat des consommateurs, dynamique et perspectives des circuits de distribution » par Xerfi-Precepta et « Les consommateurs de meubles » par L’ObSoCo.

Camille Prigent