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Les réseaux d'entretien auto se préparent pour la transition énergétique

2016-03-07T08:02:00+02:0007.03.2016, mis à jour le 07.03.2016,


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Six mois après le scandale Volkswagen, les réseaux d'entretien auto sont résolument tournés vers l'avenir. Ils sont plusieurs à avoir lancé des outils de diagnostic permettant de mesurer précisément les émissions des véhicules essence comme diesel.

Transition énergétique et entretien auto
Crédits photo : Phloxii / Shutterstock.com
Entretenir correctement le parc automobile pourrait réduire de 15 % la pollution en ville.

En septembre 2015, le scandale éclate : le monde apprend que le groupe Volkswagen a mis au point un logiciel fraudeur afin de passer plus facilement les tests d’homologation de ses véhicules, tests qui mesurent notamment les émissions de NOx (oxyde d’azote) et de CO2 (dioxyde de carbone). Fin 2015, le réseau d’entretien Feu Vert a mené une étude pour mesurer l’impact de cette actualité sur le secteur automobile. Ainsi, 24 % des personnes sondées affirment que l’affaire Volkswagen a eu un effet négatif sur la confiance qu’elles accordaient au constructeur de leur véhicule. Les professionnels de l’après-vente sont moins touchés par cette méfiance, mais l’affaire a tout de même eu – et continue d’avoir – des conséquences négatives sur l’ensemble du secteur. « C’est un mauvais coup porté à l’industrie automobile française, confirme Yves Riou, délégué général de la Fédération des syndicats de la distribution automobile (FEDA). Le problème est que cela crée une sorte de suspicion généralisée, et il y a confusion entre les émissions réelles et les émissions d’homologation. Or, un véhicule peu polluant peut le devenir s’il est mal entretenu. »

Une nouvelle réglementation en chemin

Dans cette affaire, le diesel est au centre de toutes les accusations. Mais une loi devrait renforcer le contrôle des émissions polluantes quel que soit le type de véhicule : la loi de transition énergétique pour la croissance verte. « Son article 65, dont les modalités d’application devraient être précisées avant la fin de l’année, renforce le contrôle technique des véhicules », explique Yves Riou. Jusqu’ici, seuls quatre gaz émis par les véhicules essence étaient contrôlés : les hydrocarbures imbrûlés (HC), le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde d’oxygène (O2) et le CO2. « Les NOx n’étaient pas contrôlés sur les véhicules essence jusqu’à maintenant, mais la loi prévoit le contrôle des cinq gaz pour les deux types de véhicules : essence et diesel », précise le délégué général de la FEDA.


Des réseaux déjà prêts

Afin de se préparer à cette nouvelle réglementation, les réseaux d’entretien ont déjà pris les devants. A l’instar du réseau de franchise Speedy, qui a lancé son produit éco-clean fin 2015. « Cet outil permet de réaliser un diagnostic grâce à une sonde placée dans l’échappement », explique Julien Dubois, directeur de la communication. Il fournit ensuite un rapport qui pointe les éléments de la chaîne qui ont besoin d’être entretenus. « L’objectif est de permettre un diagnostic concret. L’outil va nous dire, par exemple, s’il faut nettoyer une pièce encrassée, détaille Julien Dubois. C’est un contrôle de plus mais qui doit permettre d’éviter les pannes coûteuses en entretenant mieux son véhicule. » Sur 100 véhicules qui passent le test éco-clean, 75 présentent au moins un défaut. « La discussion se concentre sur les homologations, mais c’est l’entretien de la voiture et l’usage qui en est fait qui a le plus de conséquences sur les émissions du véhicule », affirme Julien Dubois. A l’instar de Speedy, d’autres réseaux ont développé des outils de diagnostic, comme Norauto : lancée en avril 2014, son offre baptisée écoperformance est déjà déployée dans 310 centres du réseau.

Pour Yves Riou, cette démarche d’éco-entretien va permettre de diminuer les nuisances de la voiture et de participer à l’amélioration de la qualité de l’air. « Le parc automobile français compte 38 millions de véhicules, dont 31,5 millions de véhicules particuliers », explique le délégué général de la FEDA. « Rien qu’en pratiquant un bon entretien du parc en circulation, on arrivera à baisser la pollution dans les centres-villes d’environ 15 %. »

Camille Prigent