Stratégie

Viva la Vie en quête de coiffeurs indépendants

2015-04-13T06:00:00+02:0013.04.2015, 


imprimer

Toujours à la peine, les coiffeurs indépendants constituent la cible privilégiée de l’enseigne Viva la Vie pour agrandir son parc en France. Toutefois, la marque veut cultiver sa différence avec les réseaux de franchise classiques. Détails.

Les ambitions de Viva la Vie
Crédits photo : Droits réservés

« Les coiffeurs indépendants se retrouvent aujourd’hui coincés entre les difficultés de l’isolement ou les contraintes du rattachement à une franchise. Viva la Vie est une alternative. » C’est avec ces mots que Jean-Marc Lucifora, consultant auprès du réseau Viva la Vie, a ouvert la conférence de presse annonçant le développement plus poussé de l’enseigne de coiffure en réseau, début avril. Née à la fin des années 1990, cette marque se développe petit à petit sur le marché français, avec une centaine de salons partenaires en France et Outre-Mer – en comparaison, Franck Provost et Jean-Louis David comptent chacun plus de 400 salons en France, dont une partie détenue en propre.

Un secteur atomisé

Depuis 2008, le marché de la coiffure voit son chiffre d’affaires baisser. Plusieurs facteurs sont en cause, dont la crise qui a sévèrement impacté les acteurs économiques : le Conseil national des entreprises de coiffure estime ainsi que 16 000 emplois ont été supprimés dans la profession entre 2008 et 2013. Si les indépendants restent majoritaires (près de 85 % du marché), des écarts se creusent avec les salons franchisés et succursales et les indépendants : « En moyenne, le chiffre d’affaires annuel d’un coiffeur seul atteint les 97 000 euros, et celui d’un franchisé 300 000 euros », déclare Jean-Marc Lucifora. Cependant, tous les coiffeurs ne souhaitent pas forcément s’affilier à une franchise. Ces entrepreneurs-là sont particulièrement visés par Viva la Vie : « Notre concept a été justement conçu pour les indépendants qui ne souhaitent pas perdre leur identité, mais simplement sortir de l’isolement pour améliorer leurs performances », affirme Patrice Lafon, président de Viva la Vie, évaluant le chiffre d’affaires moyen d’un salon Viva la Vie à 220 000 euros. La solution : opter pour un contrat de partenariat plutôt que la franchise.


300 salons d’ici cinq ans

Si l’enseigne est historiquement implantée dans le Sud-Ouest de la France où elle concentre environ 40 % de son parc, un développement à l’échelle nationale est désormais enclenché. « Notre objectif est de regrouper les salons indépendants », martèle Patrice Lafon, ajoutant : « D’ici 2019-2020, nous espérons compter 300 salons Viva la Vie. »

En plus d’accélérer franchement sur le recrutement de partenaires, l’enseigne pourrait prendre prochainement un second tournant stratégique en ouvrant des salons en propre : « Il s’agit d’une option que nous envisageons très sérieusement et qui devrait bientôt se concrétiser », confie le président du réseau.

Pour rejoindre le réseau, une participation de 366,98 euros par mois est demandée, pour une durée de contrat fixée à 36 mois renouvelables. En échange, le réseau s’engage à fournir une formation à ses adhérents et apporter un soutien marketing. « Le partenaire reste libre d’agencer son salon comme il le souhaite. Nous ne souhaitons pas affecter l’identité propre de l'établissement de l'indépendant », insiste le dirigeant de Viva la Vie. Seuls rattachements visuels à la marque : l’enseigne et, potentiellement, les produits en vente dans l’établissement estampillés Viva la Vie et Wella – marque premium partenaire de l’enseigne de coiffure.

Jennifer Matas