Bilan

Coiffure : Franck Provost dénonce un marché en crise

2012-09-17T08:53:00+02:0017.09.2012, 


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Les entreprises de coiffure souffrent d’une conjoncture économique délicate, mais également de salaires peu attractifs et d’un chiffre d’affaires moyen relativement faible. Le point sur le deuxième secteur de l’artisanat français, représenté par plus de 70 000 entreprises et 110 000 salariés.

Coiffure
Crédits photo : Shutterstock.com

Avec plus de 70 000 entreprises en France1 et un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros, la coiffure est un acteur majeur de l’économie et de l’emploi. Cependant, le deuxième secteur de l’artisanat souffre durement de la crise : « en 2011, 21 % des chefs d’entreprise ont déclaré avoir observé une baisse de leur chiffre d’affaires », rappelle Franck Provost, coiffeur et chef d’entreprise à la tête du réseau de salons éponyme. 86 % d’entre eux ont également exprimé leur inquiétude face à la baisse du pouvoir d’achat de leurs clients. Une crainte justifiée, puisque le nombre annuel moyen de visites est passé de 6 avant la crise à 4,5 aujourd’hui.

Un secteur majeur pour l’emploi

Le secteur de la coiffure emploie près de 160 000 actifs, dont 110 000 salariés. Cependant, 51 % des entreprises de coiffure n’ont aucun salarié. Exercer le métier de coiffeur nécessite quatre ans d’études en moyenne, « un parcours long et peu valorisé », déplore Franck Provost. En effet, la démarche est longue « pour un salaire peu attractif », poursuit-t-il. Le salaire moyen d’un coiffeur est de 1 580 euros brut par mois, contre 2 764 euros brut pour la moyenne nationale2.


Des entrepreneurs en difficulté

Le chiffre d’affaires moyen des salons de coiffure isolés, qui représentent 76 % des entreprises existantes, était de 114 384 euros en 2010, contre 288 063 euros pour les salons sous enseigne. « Le prix moyen d’une coupe + shampoing + brushing est de 34 euros, rappelle Franck Provost. Et les prix n’ont pas été revalorisés depuis 10 ans ! Les coiffeurs ont du mal à vivre. » Les entreprises de coiffure souffrent de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, mais également du manque de rentabilité de leurs services. Selon le Conseil national des entreprises de coiffure (CNEC), moins d’une entreprise de coiffure sur deux passe le cap des cinq premières années d’exercice.


Quelles solutions ?

Ouvrir un salon de coiffure demande de solides notions en gestion et en management d’équipes, pour un secteur qui réalise des marges relativement faibles. Un des éléments générateur de profits réside dans la vente de produits et de soins pour les cheveux. Cependant, la vente n’est pas le cœur de métier de ces artisans, qui ont été formés aux métiers de la coiffure mais ne sont pas préparés à devenir chefs d’entreprise. Ils ont besoin, comme tout entrepreneur, de solides formations commerciales : les salons de coiffure sous enseigne sont généralement plus solides grâce aux formations dispensées. L’obligation d’obtenir un diplôme long est également un frein à la création d’entreprise : le CNEC et les acteurs du secteur militent notamment pour créer des passerelles afin de faciliter la reconversion des personnes intéressées. 

Propos recueillis le 13 septembre, à l’occasion de la présentation de la campagne de valorisation du CNEC

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1Ndlr : les chiffres utilisés dans cet article, sauf mention contraire, proviennent du rapport de branche 2010 du Conseil national des entreprises de coiffure
2Source : Insee, 2010

Camille Prigent