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Le discret succès des bazars discount

2015-08-26T06:00:00+02:0026.08.2015, 


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GiFi, La Foir’Fouille, Centrakor, Bazarland, Marché aux Affaires… Si deux de ces enseignes sont bien connues, les autres se font plus discrètes sur le marché des bazars discount. Une réserve qui s’applique à l’ensemble du secteur, pourtant très porteur.

Bazars discount
Crédits photo : La Foir’Fouille

Ceux qui en disent le moins sont souvent ceux qui en font le plus. Cet adage s’applique sans réserve aux enseignes de bazars discount, ces grandes surfaces où il est possible de trouver à peu près tout à petit prix, du porte bouteille au spa gonflable. En mai dernier, le cabinet Xerfi publiait une étude du secteur où les leaders ont cumulé un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros en 2014, un chiffre qui, selon les estimations du cabinet, devrait croître de 8 % en 2015.
Leurs noms : GiFi (plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires à lui seul), La Foir’Fouille (550 millions d’euros en 2014), Centrakor (400 millions d’euros en 2014), et Bazarland (36 millions d'euros en 2011).

Les raisons d’un engouement

Leur force réside dans une sélection très large de produits et un renouvellement quasi permanent qui leur procure une bonne réactivité sur les tendances du moment. Surtout, ces distributeurs répondent à une demande de consommateurs « guidés par l’envie, plus que par le besoin », pour reprendre les mots de Cédric Ducrocq, président de Dia-Mart, dans son livre « Distribution : inventer le commerce de demain ». Les difficultés budgétaires des ménages depuis 2008 n’ont fait que favoriser ces distributeurs qui proposent des objets du quotidien ou des gadgets à des prix imbattables. Résultat, ce modèle a fait la richesse de Philippe Ginestet, patron autodidacte et fondateur de GiFi, classé 149ème dans le classement des plus grandes fortunes de France selon l’hebdomadaire Challenge.

Côté Foir’Fouille, le réseau quarantenaire aux 185 magasins franchisés (80 % de son parc) réalise selon le magazine Capital des marges de 44 % en moyenne sur la vente des produits qu’il distribue. De son côté, Centrakor, qui reste encore un challenger, multiplie les rachats de concurrents : Malin Plaisir en 2007 (40 unités) et une quinzaine de Michigan en 2012. Avec 30 nouvelles ouvertures en 2014, il compte à ce jour 270 magasins, un chiffre proche de l’objectif de 300 unités qu’il se fixe pour 2017.


Des menaces diverses

Pourtant, cette forme de commerce pourrait être menacée par sa mauvaise image. C’est pourquoi l’enseigne Tati opère actuellement une montée en gamme sur ses produits et dans l’agencement de ses espaces de vente. L’autre risque réside dans une clientèle susceptible de se lasser d’objets représentant possiblement un piètre rapport qualité/prix.

Néanmoins, ces bazars bien physiques perdurent et s’organisent pour résister, notamment contre une nouvelle pression incarnée par les acteurs du web comme Amazon, Cdiscount ou, plus modestement, Badaboum. Face à des pure players capables de proposer de très nombreuses et larges gammes de produits, ces enseignes investissent dans la logistique pour mieux contrôler les stocks, l’approvisionnement et surtout, comptent sur leur meilleur levier de croissance : la poursuite du maillage du territoire. Ainsi, selon Xerfi, GiFi prévoirait à terme d’atteindre les 800 unités, c’est-à-dire près du double de son parc actuel de 426 magasins.

Malheureusement, la réactivité sur le cross-canal peine à venir. Quelques initiatives ont lieu chez les leaders qui mettent en place des sites marchands sur lesquels le web-to-store et ses stratégies de géolocalisation et de click & collect semblent porter leurs fruits. Sur ce point, les bazars discount ont tout intérêt à laisser de côté leur discrétion.

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