Marché porteur

La minceur, un marché qui pèse lourd

2014-05-30T06:00:00+02:0030.05.2014, 


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Compléments alimentaires, salles de sport, coaching, sites Internet… l’offre dédiée à la minceur n’en finit plus de se réinventer. Si la promesse, perdre du poids, reste la même, les moyens pour y parvenir semblent se décliner à l’infini au sein des différents réseaux en franchise. Coup de projecteur sur un marché qui pèse plus de 3 milliards d’euros en France.


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Une réponse à un problème réel

Curves, Theraform, dietplus, HyperMinceur, Lady Moving ou encore NaturhouseEn franchise aussi les enseignes font leurs délices de la minceur. Les clients qui se dirigent vers ces centres veulent prendre soin de leurs corps mais pas seulement. Pour le réseau espagnol Naturhouse, si ce secteur se porte bien, c’est aussi parce qu’au-delà de la course à la minceur, il met le doigt sur un malaise bien réel, le surpoids et l’obésité : « L’obésité est une des maladies du siècle, toutes les études récentes le prouvent », explique Naturhouse dans un communiqué. Et d’ajouter : « L’Organisation Mondiale de la Santé prévoit 2,3 milliards de personnes en surpoids d’ici 2015, dont 700 millions d’obèses ». Et la France n’échappe pas à la donne. En 15 ans, les Français ont pris 3,6 kg en moyenne. 32,2 % des adultes en France sont en surpoids et 15 % sont obèses*. « Si le poids des adultes se stabilise, celui des adolescents continue d’augmenter. 16 % étaient en surpoids en 2000 contre 18 % en 2007 », explique l’enseigne espagnole.

Sans surprise, la fréquentation de ce type de centres est essentiellement féminine, les femmes représentant 85 % de leur clientèle.


Vers une prise en charge globale

Pour l’institut d’étude économique Xerfi, qui a récemment publié une étude sur ce marché, le secteur doit d’abord son attractivité à l’absence de barrières à l’entrée. Autre accélérateur, l’essor des objets connectés (balances, tensiomètres, trackers d'activité, montres connectées…), des pure player, et des applications mobiles développées par des concepteurs de solutions mobiles. Aux distributeurs de suivre le mouvement sur un marché où la prise en charge du client évolue.

En effet, régime, exercice physique et bien-être, nombre de réseaux proposent désormais à leurs clients un package complet, constate Xerfi : « Cette transformation modifie en profondeur les règles du jeu en matière de distribution », explique l’institut. « Les réseaux traditionnels, pharmacies / parapharmacies en particulier, doivent désormais composer avec un consommateur omnicanal, surinformé et de plus en plus souvent membre de communautés. » Ces plateformes constituent selon l’institut l’un des symptômes de la mutation que connait le marché et auxquelles les distributeurs devront s’adapter. Ainsi, pour l’éditeur, il revient aux enseignes de « développer de véritables écosystèmes autour d’offres globales », incluant le coaching minceur, la vente de produits en ligne et le développement de communautés.

Les réseaux font leurs choux gras du coaching

Aliments allégés, compléments alimentaires, cosmétiques minceurs…Difficile parfois pour les clients de se retrouver au milieu d’une offre toujours plus dense. Certains, désabusés, font désormais la fine bouche face à certains produits à l’efficacité discutée. La solution se trouve-t-elle dans l’accompagnement ? Xerfi l’assure, le coaching n’est ni plus ni moins que le « nouvel épicentre du marché », malgré la crise. « Représentant environ 66 % des ventes, les marchés historiques ont été les premiers pénalisés par les arbitrages des ménages et la déception des consommateurs liée à l’inefficacité de certaines pilules miracles a fait le reste », souligne l’institut, ajoutant que « à l’inverse, si le segment des services de coaching représente une part limitée des ventes, il est en plein boom, en particulier sur Internet. » Cet accompagnement se décline aussi bien sur le plan nutritionnel, sportif que diététique.

D’ici 2016, l’institut d’études annonce une transformation des règles du jeu de la distribution et un marché plus favorable sur tous les segments.

NaturHouse, une success story made in Spain

Parmi ces enseignes en franchise qui ont fait de la minceur leur gagne-pain, il y a Naturhouse. La marque espagnole crée en 1995 a pour crédo le traitement du surpoids et de l’obésité et connait un succès retentissant à l’échelle mondiale. Le réseau compte 2 000 centres dans 40 pays et près de 4 millions de clients. Même succès en France où l’enseigne de rééducation alimentaire regroupe plus de 440 centres et a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros. Rencontre avec Olivier Roques, directeur général Naturhouse France.

Qu’est ce qui fait la spécificité du concept Naturhouse sur le vaste marché de la minceur ?

Ce qui caractérise notre formule, c’est qu’elle allie professionnels de la santé, exercice physique, et vente de compléments alimentaires. Le marché de la minceur est en croissance à l’échelle mondiale. En France, même si notre culture latine et méditerranéenne limite l’impact de cette pandémie, nous y sommes tout de même exposés. De plus, 90 % des personnes qui font un régime reprennent du poids dans les 2 ans quelle que soit la méthode suivie. Face à ce constat, nous avons fait le choix d’un discours franc et clair. Le client n’est pas dupe et il s’informe, inutile de faire des promesses intenables. Chez Naturhouse nous avons pris le contrepied de certains concurrents promettant monts et merveilles. Si le client n’est pas motivé, le réseau refuse de s’engager à ses côtés. Cette sélection nous permet de mesurer l’engagement du client et de garantir de bons résultats. Certains ne sont simplement pas prêts et nous leur proposons de revenir lorsqu’ils seront pleinement impliqués.

75 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2013, comment expliquez-vous que le concept fonctionne si bien ?

Naturhouse répond à un besoin réel et apporte des résultats concrets. Notre succès doit aussi beaucoup au bouche à oreille qui représente 85 % des nouveaux clients. Par ailleurs, tous nos diététiciens-nutritionnistes sont des professionnels diplômés.

Quelle est votre stratégie pour pérenniser ce succès ?

Poursuivre cette dynamique de développement implique de renforcer notre formation. C’est ce que nous faisons année après année depuis 2006 en insistant sur le management, les ressources humaines, les finances, ect. Nous veillons aussi de près à l’état de nos centres et à l’intégration des nouvelles technologies.


*Chiffres communiqués par Naturhouse