Découverte

Ethnicia, salon de beautés du monde

2011-02-28T09:14:00+02:0028.02.2011, 


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Hapsatou Sy a bousculé le monde cloisonné de l’esthétique en lançant un réseau où les femmes trouvent des soins sur-mesure, quel que soit leur type de peaux et de cheveux. Une philosophie qu’elle applique aussi pour le recrutement de ses franchisées.


Crédits photo : Droits réservés - Christian Horvat
Hapsatou Sy, fondatrice du concept Ethnicia

Le concept

Juillet 2005, île Saint-Louis : Hapsatou Sy lève pour la première fois le rideau d’Ethnicia. Cet espace de beauté est le fruit d’années de réflexion et de travail, pour la jeune femme de 29 ans. Diplômée d’un BEP secrétariat et d’un BTS commerce international, elle commence sa carrière dans une entreprise d’informatique. Mais les micro-processeurs ne la font pas vibrer. « Je me suis toujours passionnée pour l’esthétique à travers ma double culture. L’Occident, où la beauté est revendiquée, et l’Afrique, où elle est plus pudique mais émancipatrice », explique-t-elle. Et Haspatou Sy a besoin de sentir monter l’adrénaline, de respirer un air de liberté. Seulement voilà, en France, les salons sont cloisonnés : la clientèle noire dans le 10e, asiatique dans le 13e et occidentale dans les quartiers plus bourgeois. Ce que Hapsatou veut, c’est la mixité. Ce modèle, elle le trouvera aux Etats-Unis. « Là-bas, des femmes de toutes les origines fréquentent un même salon. » Rentrée en France, elle mûrit son concept. Ce sera la beauté dans sa globalité : coiffure, esthétique, maquillage, conseil en image, bien-être et extensions capillaires. Le tout dans un espace moderne, épuré, haut de gamme. Question tarifs, elle opte pour le moyen de gamme afin de ne pas se cantonner à une clientèle élitiste.


Les raisons du succès

« La première semaine, sur l’île Saint-Louis, nous n’avons pas vu de clientes. J’étais en cessation de paiement ! Alors, avec des copines, nous avons enfilé des T-shirts blancs Ethnicia et nous avons distribué des flyers dans la boîte de nuit de Cathy Guetta », se souvient-elle. Cette publicité explosive fait mouche. Articles de presse, bouche-à-oreille… Le salon se remplit. La philosophie de l’enseigne séduit : « chacune a le droit d’être là. Nos valeurs sont le respect, le partage et l’ouverture d’esprit. » Suivront ensuite, à partir de 2008, des salons dans le 15e arrondissement, puis dans le centre commercial des Quatre temps à la Défense, à Opéra, près du Canal Saint-Matin… « Je suis une visionnaire. J’ai envie de conquérir le monde, de marcher sur les traces de Jacques Dessange, de détrôner L’Oréal !», s’enflamme-t-elle.



Crédits photo : Droits réservés - Jacques Florsch

Franchise

Hapsatou Sy serait-elle une tête brûlée ? Loin de là. Elle reste un entrepreneur avisé. Pas question de se lancer dans un développement tous azimuts dont elle perdrait le contrôle. « Je pense à la franchise depuis longtemps, mais j’attendais d’être prête. » Chose faite en 2010. Reste à recruter les ambassadrices d’Ethnicia. « J’ai lancé le concours des 100 femmes, 100 candidates, évaluées par un jury d’entrepreneurs. Un peu comme une "Star Ac’". » Car l’assise financière ou l’expérience en entrepreneuriat ne sont pas les principaux critères de sélection. « Ce qui importe, c’est ce qu’elles ont dans le ventre, leur histoire personnelle. Elles ont entre 20 et 44 ans, viennent de tous les horizons. Nous avons une sélectionnée originaire du Rwanda », précise Hapsatou Sy.


Développement

Encore faut-il pouvoir mettre 300 000 euros sur la table. « Nous leur proposons un prêt de 50 000 euros à taux zéro. Nous faisons les travaux d’aménagement entre nous. Elles bénéficient aussi de fonds solidaires, d’une assistance juridique et d’un an d’assurance gratuit. » La première « promo » comprend 25 futures franchisées, qui sont formées dans l’institut du Canal Saint-Martin. La première représentante de l’enseigne s’apprête à prendre son envol : son salon ouvrira en avril, à Nantes. Hapsatou Sy espère une quinzaine d’ouvertures en 2011, dans les principales capitales régionales de l’Hexagone. Objectif : 100 salons et 1 000 emplois à horizon 2015. En attendant, elle a lancé sa gamme de cosmétique : vernis à ongle, soins capillaires et maquillage. « Les produits rencontrent du succès, notamment à l’international. » Une nouvelle de bon augure quand on projette d’ouvrir des salons dans le monde entier !