Découverte

E. de Jandin et B. Poncet (Chronostock) : « Le magasin est éphémère, mais pas le service »

2010-06-14T18:49:00+02:0014.06.2010, 


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Créé par deux amis d’enfance, Chronostock est un concept de magasins éphémères de grandes marques à prix cassés. Rencontre avec Edouard de Jandin et Bruno Poncet, cofondateurs du réseau.

Chronostock
Crédits photo : Droits réservés
Chronostock est un concept de magasins éphémères.

Définition du concept ?

Amis depuis le lycée, Edouard de Jandin et Bruno Poncet ont eu une idée de concept unissant leurs compétences respectives, après 12 ans d’expérience dans les domaines de l’immobilier commercial et de la centrale d’achat. « Nous avons remarqué qu’il y avait un fort effet « booster » sur les ventes lors de l’ouverture et la fermeture d’un point de vente. Notre idée a été de créer des magasins éphémères, en ouvrant durant 2 à 3 mois dans des locaux en cours de travaux – le temps des recours légaux - ou inoccupés, et toujours situés sur des emplacements numéro 1. Le faible coût du loyer nous permet d’être totalement low cost, toutes les charges s’éteignant à la fin du magasin », raconte Edouard de Jandin, cofondateur de Chronostock. « Nous voulions apporter les prix d’Internet en centre-ville, c’est-à-dire appliquer le modèle du site Internet vente-privee.com au commerce de proximité. Nous avons donc conclu des accords avec de grandes marques dans l’univers de la cuisine et de l’équipement de la maison pour proposer à nos clients des produits de marques, issus de fins de série, d’un changement de packaging, d’une surfabrication, de déréférencement en hypermarché… Ces produits de destockage sont vendus à prix cassés – 30 à 50 % moins chers que dans le commerce traditionnel - et en « one shot ». Ils sont régulièrement renouvelés, puisque nous assurons un arrivage toutes les semaines grâce à une centrale d’achats efficace. Quant aux clients, ils sont avertis des ouvertures s’ils s’inscrivent sur notre site (1)… et reviennent d’ailleurs régulièrement consulter l’offre de produits, pour voir quelles sont les nouveautés », ajoute Bruno Poncet, cofondateur de Chronostock. Trois jours sont nécessaires pour implanter un magasin, et deux pour le fermer.


Bruno Poncet et Edouard de Jandin
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Bruno Poncet et Edouard de Jandin, cofondateurs de Chronostock.

Raisons du succès ?

Chronostock ouvre un premier point de vente éphémère à Saint-Etienne fin 2007, puis poursuit ses opérations sur Lyon. « Le magasin est éphémère, mais pas le service. Nous proposons aujourd’hui 150 marques – ce nous différencie d’une solderie classique. Nous nous adossons à leur service après-vente, des réparateurs agréés existant dans toute la France pour les marques. Les invendus d’un magasin éphémère deviennent ainsi les nouveautés du suivant, sans faire perdre le consommateur en qualité », insiste Bruno Poncet. « Sur Internet, on ne peut pas toucher le produit, ni être certain des délais de livraison. Notre enseigne allie les avantages du Web avec le commerce de proximité. Nous avons adapté le concept de la Foire au e-commerce ! C’est le stock qui sert de décor, quand ce n’est pas le décalage avec le lieu lui-même, puisque nous avons déjà ouvert dans des restaurants, des galeries d’art ou des crèches municipales désaffectées. De plus, notre code couleur – noir et fuchsia –, visant la clientèle féminine, a comme objectif de redonner de la valeur au produit. Dans le commerce traditionnel, on investit beaucoup sur le décor, la vitrine ou la tenue des vendeurs. Nous avons préféré mettre de la valeur sur le produit, plutôt qu’autour du produit », explique Edouard de Jandin. Sur les magasins détenus en propre par Chronostock, le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,4 million d’euros et devrait être doublé cette année.

Pourquoi se développer en franchise ?

« Nous exerçons un métier de volume. Multiplier les magasins éphémères nous permet d’accéder à des lots de plus en plus importants. Nous portons le stock, et les franchisés « piochent » dedans », note Bruno Poncet. « Nous avons déjà des partenariats avec de grandes foncières immobilières. De plus, des particuliers nous proposent aujourd’hui des locaux. La franchise reste un moyen performant pour se développer sur la France entière, sans disposer de ressources financières importantes », complète Edouard de Jandin. Chronostock compte, à ce jour, 6 franchisés en France (Gap, Nancy-Metz, Montélimar, Bordeaux, Toulouse et ……..) et deux master-franchisés (Wallonie et Flandres).


Comment construisez-vous votre développement ?

« Nous formons nos futurs franchisés durant une semaine sur Lyon sur l’opérationnel hors achats : recherche d’implantation, aménagement d’un magasin, recrutement du personnel en CDD, discours auprès de la clientèle… -. Nous les assistons durant leur toute première journée d’ouverture, puis une fois par an, tout au long de leur contrat », rappelle Edouard de Jandin. « Avec l’expérience, nous avons resserré notre profil de recrutement. Les candidats à la franchise Chronostock doivent être commerçants, posséder une forte culture commerciale ainsi qu’un minimum de connaissances en gestion. Ils doivent surtout aimer ce qu’ils vendent !», souligne Bruno Poncet. Une personne au sein de la structure Chronostock s’occupe exclusivement de la formation des équipes du franchisé, et de la mise en place des magasins éphémères jusqu’à leur déménagement. L’enseigne cherche également à davantage se développer à l’international, en particulier en Italie, en Espagne et au Portugal.


(1) www.chronostock.fr

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