Ameublement

La literie, un secteur dynamique qu'il faut dompter

2017-01-02T07:01:00+02:0002.01.2017, mis à jour le 02.01.2017,


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Au sein d’un secteur du meuble en pleine phase de ralentissement, la literie sort du lot avec une croissance de l’ordre de 5 % en 2016. Fini le passage à vide de la fin des années 1990, c’est l’heure du renouveau pour ce marché qui ne manque pas de particularités.

La literie en franchise
Crédits photo : Kristi Blokhin / shutterstock.com

Un secteur méconnu

Dans la galaxie de l’ameublement, un secteur tire son épingle du jeu. Depuis quelques années, la literie connaît un renouveau qui se traduit par les chiffres. « Depuis trois à quatre ans, le marché évolue. En 2016, nous constatons une hausse de 5 % et l’an passé, la progression était déjà de 4,2 % », révèle Gérard Delautre, président de l’Association Pour la Literie (APL). Un retour en grâce pour un secteur qui avait connu une chute de 10 % à la fin des années 1990. « C’était lié à un manque de communication. Depuis, les fabricants et les distributeurs ont changé la donne sur cet aspect », poursuit Gérard Delautre. Résultat, les enseignes retrouvent le sourire à l’image de Litrimarché qui compte aujourd’hui 96 implantations à travers la France et qui a connu une progression de 7 % sur la dernière année. Pour autant, rien n’est acquis. « Les gens ne connaissent pas le secteur, il n’y a pas d’effet de mode », analyse Robert Barbe, responsable développement de l’enseigne, croisé à Marseille lors de Top Franchise Méditerranée en octobre 2016. « Ce sont des produits sur lesquels nous sommes chaque jour et sur lesquels nous passons un tiers de notre vie. Pourtant, nous n'y pensons pas, car ils ne nécessitent pas d’entretien et n’ont pas de coût de fonctionnement. Les gens n’ont d’ailleurs bien souvent aucune idée de l’âge de leur literie », abonde Gérard Delautre.


La grande distribution : 50 % des ventes

Si le renouvellement de la literie se fait, en moyenne, tous les quatorze ans (selon l’APL), Litrimarché a fait le choix « de proposer tous les prix » afin d’attirer une clientèle toujours plus large. « Nous avons un concept particulier basé sur celui de la grande distribution, axé sur une forte rentabilité et on travaille avec des gens passionnés », assure Robert Barbe. Ainsi, pour durer, les enseignes doivent faire face à une concurrence acerbe des géants de la grande distribution du meuble. Les Conforama, But, Alinéa et autres Ikéa représentent encore 50 % des ventes de literie. Les enseignes spécialisées ont donc encore une marge de progression. Pour y parvenir la donne est simple : le conseil en magasin et l’expertise sont primordiaux.


L’expertise en magasin, un facteur clé

« Ce sont des produits qu’il faut essayer. Chacun a une perception différente, les normes et caractéristiques ne correspondent pas au ressenti des gens », explique le président de l’APL. Et de poursuivre : « Les clients se renseignent sur le Internet, mais le dernier conseil auquel ils vont se fier, c’est celui du vendeur en magasin. Le rôle d’expertise est important. Les clients sont très renseignés, le vendeur ne doit pas être dépassé ». C’est là tout le risque. Par ses bons chiffres, la literie attire beaucoup de monde, mais il n’est pas rare de voir des magasins mettre la clé sous la porte un an après leur ouverture, car ils n’ont tout simplement pas pris en compte les caractéristiques de ce métier. Pour faire face à cela, les réseaux s’organisent. « Nous sommes ouverts à tout le monde. 60 % des membres de notre réseau ne viennent pas du secteur, mais nous offrons une formation importante pour faire face aux exigences de ce métier », explique Robert Barbe. Avec un panier moyen de l’ordre de 1 500 euros pour une literie complète, comprenant matelas et sommier, le secteur a encore de beaux jours devant lui, à condition de ne pas s'endormir sur ses lauriers.