Bilan

Nouvelle année de croissance pour le marché immobilier

2017-01-25T07:41:00+02:0025.01.2017, mis à jour le 25.01.2017,


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En 2016, les transactions immobilières ont de nouveau enregistré une hausse, portées essentiellement par une conjoncture favorable. En 2017, les taux d’intérêt devraient rester bas, mais les professionnels restent prudents.

Marché immobilier 2016
Crédits photo : Kurhan / shutterstock.com

Après une année 2015 exceptionnelle, le marché immobilier a de nouveau surperformé en 2016, porté par des taux d’intérêt historiquement bas et des prix de vente stables, encourageant les primo-accédants à franchir le pas.

Nouvelle hausse des transactions

Tous les professionnels du secteur s’accordent à le dire : les transactions immobilières ont de nouveau progressé en 2016. Chez Century 21, le marché immobilier ancien a en effet enregistré une hausse de 15,1 % par rapport à 2015. « Avec ces volumes, il est à parier que 2016 tangente sinon dépasse le record atteint en 2011 où plus de 850 000 transactions avaient été enregistrées en France », ont par ailleurs noté les dirigeants du réseau lors de la conférence de presse annuelle qui s’est tenue à Paris début janvier. Même son de cloche chez son concurrent Laforêt : « Le volume de nos transactions a progressé de 12,8 % en 2016, tandis que la demande ne faiblit pas, notamment sur les petites surfaces, où le marché se retrouve même en forte tension », déclare Yann Jehanno, directeur exécutif de l’enseigne. « Les acheteurs continuent de profiter des taux d’intérêt historiquement bas et les vendeurs, de leur côté, se montrent réalistes. » Du côté d’ERA Immobilier (380 agences immobilières en France), aussi, 2016 s’est révélé être un bon cru : le chiffre d’affaires devrait en effet enregistrer une croissance de 15 % sur un an, avec un volume de vente immobilières de l’ordre de 2 milliards d’euros.


Une aubaine pour les candidats à la franchise

Les taux bancaires très bas et les conditions d’octroi de crédits s’étant assouplies, l’immobilier bénéficie d’un regain de croissance depuis deux ans, après une période relativement morose. « En un an, les taux de crédit ont encore reculé passant de 2,2 % en moyenne en janvier 2016 à 1,3 % en décembre », souligne Century 21. Les prix, quant à eux, ont globalement renoué avec la croissance, une première depuis 2012. « En France, les prix ont augmenté de 3,1 % en moyenne, avec un record de +4,8 % à Paris », commente-t-on chez Guy Hoquet. Et parce que la pierre reste un investissement réputé sûr et apprécié des Français, le secteur a vu le retour en force des investisseurs en 2016. « Alors qu’ils n’étaient que 9 % des acheteurs en 2015, ils sont 18 % en 2016 », poursuit le réseau.

Grâce à cette conjoncture favorisant une demande en hausse et une offre non lésée par des prix tirés vers le bas, les nouveaux franchisés qui ont créé ou repris une agence immobilière ces dernières années ont pu démarrer leur activité sur les chapeaux de roues. Les réseaux ont d’ailleurs profité de cette manne pour s’agrandir et mailler plus finement le territoire. Guy Hoquet a particulièrement renforcé sa présence en région parisienne tandis qu’ERA Immobilier a inauguré 46 nouvelles agences sur un an et ambitionne de faire de même cette année.


Des incertitudes pour 2017

Les réseaux immobiliers se montrent confiants : « Tout semble indiquer que la dynamique engagée ne devrait pas s’enrayer en 2017 », estiment les dirigeants Laforêt. Les perspectives à court terme semblent en effet propices au marché. « Les taux ne devraient pas augmenter tout de suite », assure Eric Allouche, directeur exécutif d’ERA Immobilier. « L’immobilier se porte plutôt bien et devrait continuer de progresser en 2017 ». Mais la prudence reste de mise. Si les acquéreurs semblent toujours aussi motivés, le résultat du scrutin présidentiel pourrait peser sur la confiance dans le secteur et dans l’investissement immobilier, ou du moins générer une certaine forme d’attentisme du côté des investisseurs. Côté politique monétaire, aussi, les choses pourraient changer. Après plusieurs mois de maintien des taux à un niveau bas, la Banque Centrale Européenne adopter un ton moins accommodant dans un avenir proche. D’après le baromètre du crédit immobilier des « Echos », les taux ont déjà commencé à repartir à la hausse en décembre dernier et janvier 2017. « Le marché est certes dynamique, mais sa santé est plus fragile qu’on ne croit », conclut Century 21.

Jennifer Matas