Terrain

Franchise : choisissez l’emplacement qui correspond à votre activité

2009-10-27T10:35:00+02:00

27.10.2009, 


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A chaque activité son emplacement idéal. Pour vous assurer qu’un local vous convient, un seul moyen : aller sur place et étudier les flux aux moments-clés de la journée et de la semaine.

Activités commerciales et emplacements
Crédits photo : Getty Images
A chaque activité son emplacement idéal.

L’emplacement : l’un des fondamentaux du commerce

C’est un poncif du commerce. Sa pertinence n’a toutefois jamais été démentie : la réussite d’un point de vente repose sur trois éléments essentiels, l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement. D’une manière générale, la qualité d’un emplacement dépend de l’importance de ses flux de clientèle. Ce n’est donc pas un hasard si les Champs-Elysées, qui voient passer plus de 80 millions de chalands chaque année, sont l’une des rues les plus chères du monde (environ 6 000 €/m² de valeur locative annuelle). Ils ne sont évidemment pas à la portée du commun des franchisés. Tout comme la plupart des emplacements N°1 des grandes villes de France : rue de la République et du Président Herriot à Lyon, rues de Rome et Saint-Ferréol à Marseille, rue de Béthune à Lille, rue Sainte-Catherine et Porte-Dijeaux à Bordeaux…


A fortiori en période de crise

Alors que les enseignes internationales ont fait flamber les prix des sites N°1 au cours des quinze années écoulées, les cœurs commerçants ont eu tendance à se concentrer sur leurs meilleurs emplacements. Ce qui ne simplifie pas la tâche des commerçants indépendants ou franchisés. Comment trouver un bon emplacement à un prix raisonnable, alors que les flux se focalisent sur les sites N°1 et que les sites N°1 bis et N°2 sont en perte de vitesse ?
Pour résoudre cette difficile équation, une seule méthode : l’observation. N’hésitez pas à aller sur le terrain et à passer du temps devant l’emplacement que vous convoitez. Chronomètre en main, vous pouvez comptabiliser les flux de clients à différentes heures et sur différents jours de la semaine (un lundi, un mercredi et un samedi, par exemple). Profitez-en pour observer les passants : plutôt actifs ou retraités ? Féminins ou masculins ? Pressés ou flâneurs ? Cette observation in situ sera un élément essentiel de votre étude de marché.


Sur le chemin des éléphants

Lors de cette observation, vous vous rendrez compte que les flux s’organisent très logiquement en fonction de la topographie des lieux. Si le côté pair des Champs-Elysées a toujours été plus fréquenté que le côté impair, c’est tout simplement parce qu’il est plus ensoleillé !
Sur une même rue, certains emplacements – pourtant séparés de quelques mètres à peine - n’ont pas la même valeur commerciale. Il suffit d’un kiosque à journaux ou d’un abribus mal placé pour masquer la vitrine. De même, un ravalement de façade ou des travaux de voirie peuvent pénaliser durablement la commercialité d’un site. Il ne suffit pas d’être sur les grands flux : encore faut-il être dans l’axe de vision du chaland. Objectif : être, selon les expressions consacrées, « sur le chemin des éléphants » en évitant autant que possible les emplacements « à l’abri du commerce ». Et, si possible, les emplacements « maudits » : dans chaque ville, il existe un local a priori idéalement placé, dans lequel tous les commerçants se sont cassé les dents.


A chaque activité son « bon emplacement »

Un emplacement N°1 pour Etam ne l’est pas forcément pour Nicolas. A chaque activité correspond son emplacement idéal : il existe par exemple des rues « alimentaires » (les rues Mouffetard dans le 5e arrondissement de Paris, Cler dans le VIIe, Daguerre dans le XIVe, de Lévis dans le XVIIe…), qui tirent généralement leurs flux de la proximité d’un marché ou d’une grande surface alimentaire. Les commerces de bouche ont tout intérêt à s’y implanter.
Ne serait-ce que parce qu’elles ne peuvent pas se payer des sites N°1, réservés à des activités à plus forte marge, ayant besoin de flux important : équipement de la personne, cadeaux, beauté, loisirs…
Tout comme les commerces de bouche, les enseignes d’équipement de la maison et les marques de vêtement pour enfant ont tendance à se rassembler : à proximité d’un parking pour les premières, près des écoles pour les secondes. Là encore, c’est un bon moyen d’échapper aux valeurs locatives délirantes des sites N°1. Enfin, les activités de services (pressing, cordonnerie, coiffure…) ont des besoins spécifiques : elles doivent à tout prix éviter les rues piétonnes et privilégier les emplacements près desquels il est relativement facile de stationner.


Dossier réalisé avec le concours de Gilles Hittinger-Roux (cabinet HB & Associés), avocat spécialiste des baux commerciaux, Sylvie Roux, expert immobilier (cabinet Michel Marx) et Pierre Combet, fondateur du site www.retailp.com

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