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Voyage : Thomas Cook se refinance et garde sa filiale française

11.05.2012, source : Les Echos.fr

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Le voyagiste britannique se dote de nouvelles marges de manoeuvre financières.Son nouveau plan d’action inclut le redressement de Thomas Cook France.

Même si le temps n’est pas encore au beau fixe, l’horizon commence à se dégager pour Thomas Cook. Confronté à de sérieuses difficultés depuis l’an dernier, le voyagiste britannique, numéro deux européen de son secteur derrière TUI Travel, a en effet annoncé samedi deux nouvelles d’importance : d’une part, un accord de refinancement de sa dette ; d’autre part, les conclusions de sa revue stratégique. Au terme de sa vaste réflexion, Thomas Cook conserve de facto sa filiale française, qui va toutefois devoir se mettre d’aplomb.

Concernant sa situation financière, le groupe a précisé que la maturité de ses lignes de crédit et facilités bancaires, soit au total 1,4 milliard de livres, est désormais « étendue » jusqu’au 31 mai 2015. Ces marges de manoeuvre sont d’autant plus appréciables que le nouveau plan de financement ne comporte pas de remboursements fixes. En outre, ses engagements financiers ont été révisés et offrent à la société une « plus grande » flexibilité.


Une politique de relance

En parallèle, Thomas Cook a finalisé sa revue stratégique, qui avait suscité maintes supputations. Son programme vise en premier lieu à poursuivre le rétablissement de ses affaires au Royaume-Uni et à conforter son dispositif en Allemagne et en Scandinavie, où le groupe marche « bien » en dépit de « conditions de marché difficiles ». Autre grand volet : le redressement de ses activités « sous-performantes », en particulier au Canada, en France et en Russie, l’activité sur ces deux derniers marchés ayant été déstabilisée par le printemps arabe (l’Egypte est une destination importante pour la Russie).


Chez Thomas Cook France, dont la cession était, officieusement, l’une des options à l’étude, il revient donc au nouveau management, récemment annoncé, de piloter la relance. Le 24 avril, l’entreprise avait surpris en annonçant le départ de sa patronne, Rachel Picard, et la reprise de la direction générale par la responsable Europe de l’Ouest de Thomas Cook, Susan Duinhoven. Cette dernière est épaulée par Yves Martin, jusqu’alors PDG de Store Electronic Systems, qui s’est vu confier « une mission de transition » pour « accompagner » Susan Duinhoven « dans la gestion et le développement des activités » du groupe en France. Au moment de sa nomination, une source informée indiquait que la durée de la mission d’Yves Martin, un ancien dirigeant du Club Méditerranée - de 1997 à 2002 -, serait très flexible, pouvant s’étaler sur « plusieurs semaines à plus d’un an ». Par ailleurs, le nouveau binôme peut s’appuyer depuis quelques jours sur un nouveau directeur du « tour operating », en la personne de Serge Lamberti. Ce fidèle de la maison retrouve un poste qu’il a déjà assuré, tout en conservant ses responsabilités de directeur général délégué développement et destinations de Thomas Cook France.

Enfin, au-delà du rétablissement de ses filiales en difficulté, le plan d’action du groupe Thomas Cook passe par la réduction de sa dette avec la vente d’actifs non stratégiques. A ce stade, il table sur 135 millions de livres environ avec les opérations déjà annoncées, dont la cession de son hôtel situé sur le site de Disneyland Paris. En outre, Thomas Cook est sur le point de céder de 17 à 19 avions dont il gardera l’exploitation en les louant. Ce projet implique l’approbation des actionnaires, qui seront consultés ce mois-ci, tout comme ils le seront à propos du désengagement de la société hôtelière HCV. Le groupe veut aussi se délester de ses activités en Inde, pour lesquelles il a reçu des marques d’intérêt.


Christophe PALIERSE, Les Echos, le 09/05/2012

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