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Voyage d'affaires : les professionnels du secteur observent un net ralentissement depuis le début de l'année

14.02.2012, source : Les Echos.fr

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Les professionnels du voyage d’affaires observent un net ralentissement depuis le début de l’année. Ils sont obligés de s’adapter, d’informatiser toujours plus leurs prestations et de se diversifier.

Eric Audouin, PDG d’American Express Voyages d’Affaires France, se veut « prudent » et n’entend pas tirer de jugement définitif de ce début d’année. Mais il n’en constate pas moins « un très fort ralentissement des déplacements professionnels sur le mois de janvier, et cela se vérifie sur l’ensemble des continents ». James Stevenson, directeur mondial des ventes de Hogg Robinson Group (HRG), le numéro trois du secteur, prend moins de précautions : « 2012 sera très dure, probablement plus dure que l’année dernière », explique-t-il aux « Echos ».

S’acheminerait-on vers une stagnation, voire une récession dans le voyage d’affaires cette année ? S’il est encore difficile d’évaluer l’importance du ralentissement sur le plan macroéconomique, sans compter l’impact en France de la période électorale, traditionnellement marquée par un certain attentisme des entreprises, pour Eric Audouin, certains indicateurs ne trompent pas : « Le fret cargo est en décroissance de 5 % au second semestre 2011. En général, cela présage une baisse également dans les déplacements professionnels. » Même constat chez Carlson Wagonlit Travel. Bertrand Mabille, le directeur général, note : « Les éléments conjoncturels et structurels se conjuguent. En 2009, la crise avait été très violente, avec des baisses de 40 % à 50 % des déplacements professionnels dans certains pays d’Europe du Nord, et de 20 % en France, les chefs d’entreprise ayant surréagi. Cette fois, il n’y a pas de catastrophe, on s’oriente vers une stagnation ou une légère décroissance du voyage d’affaires. En revanche, la clientèle migre vers les outils en ligne, nécessitant moins de personnel chez nous. » Les opérateurs traditionnels du voyage d’affaires doivent donc adapter leur modèle.


Diversifier les services

Pas facile en période de croissance, mais plus difficile encore à faire en période de stagnation. D’autant que les professionnels ont, en quelque sorte, scié la branche sur laquelle ils étaient assis, en donnant à leurs clients les moyens technologiques de se débrouiller seuls. « Nous n’avions pas vraiment le choix, car nous nous sommes retrouvés face à la concurrence de nouveaux acteurs venus du monde du Net, comme Expedia, ou du tourisme, mais aussi face à nos fournisseurs, par exemple les transporteurs aériens », observe Bertrand Mabille.


D’où la nécessité de s’orienter vers de nouveaux métiers. American Express Voyages d’Affaires s’est, par exemple, lancé dans l’événementiel, en passant un accord commercial avec Le Public Système, tout en continuant à perfectionner ses outils informatiques. Idem pour Carlson Wagonlit Travel. « L’événementiel représente de 5 % à 10 % de notre chiffre d’affaires et est en croissance de 100 % en 2010 ; ce secteur se rationalise et a besoin d’apporter une forte valeur ajoutée. Mais nous nous développons aussi dans le conseil, la négociation, pour les hôteliers ou les transporteurs par exemple, à la manière d’un directeur des achats », précise Bertrand Mabille. HRG a également ressenti ce besoin de « se développer au-delà de son coeur de métier » et espère ainsi rester en croissance cette année. Comme l’explique James Stevenson, il faut proposer aux clients toujours plus de données facilement utilisables, une interface de réservation très détaillée et des outils de gestion de frais intégrés, leur permettant de gagner du temps. De gros efforts de formation accompagnent l’évolution des métiers.


Martine ROBERT avec Nicolas MADELAINE, Les Echos, 10/02/2012

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