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Vacances d'été : Vincent Peillon se concilie l'industrie touristique

08.09.2012, source : Les Echos.fr

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Le ministre de l’Education a indiqué hier qu’il étudiait avec « sérieux et intérêt » le découpage en trois zones des congés scolaires d’été, qu’il souhaite raccourcir d’une à deux semaines. Une solution qui ne pénaliserait pas les professionnels du tourisme.

Vincent Peillon est toujours décidé à réduire les vacances scolaires d’été « d’une ou deux semaines » dans le cadre de la refonte des rythmes scolaires qu’il a engagée. Mais cette idée suscite réticences et inquiétudes chez nombre de parties prenantes, dont l’industrie du tourisme. Pour contourner cet obstacle, le ministre de l’Education nationale a indiqué hier sur RMC-BFMTV qu’il « n’écartait pas la possibilité » d’instaurer pour les congés d’été le même dispositif que pour ceux de Pâques ou de février : un découpage de la France en trois zones. Ce qui permettrait de diminuer, comme il l’entend, la durée des vacances, tout en étalant les congés sur deux bons mois comme c’est le cas actuellement. « J’examine avec sérieux et intérêt » la question, a-t-il indiqué . « Je n’ai pas trouvé cette proposition sotte », a-t-il dit, rappelant qu’elle venait des professionnels du tourisme « Nous devons conjuguer un intérêt de la France qui est un intérêt économique - et vous savez l’importance de l’industrie touristique -et l’intérêt de nos enfants », a-t-il expliqué.


« C’est une très bonne nouvelle »

Sans surprise, ces propos ont été accueillis très favorablement par les professionnels du tourisme. « C’est une très bonne nouvelle », réagit Guylhem Féraud, le président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air. « Nous allons inéluctablement vers un raccourcissement des vacances scolaires d’été. Le zonage est la solution aux problèmes posés par ce raccourcissement », observe-t-il. « Agréablement surpris par Vincent Peillon », Roland Héguy, le président de l’Umih, la principale organisation patronale de l’hôtellerie-restauration, souligne, de son côté, que le zonage aurait pour mérite d’atténuer « l’engorgement de haute saison » dont « souffre l’économie touristique ». Didier Chenet, le président du Synhorcat, une autre organisation patronale, se montre toutefois très soucieux de la préservation du « coeur de la saison, la période mi-juillet-20 aôut », qui « doit être commun à toutes les zones ».

« L’étalement, qui marche en Allemagne, c’est génial, notamment pour l’élaboration des politiques tarifaires plus avantageuses pour le consommateur et plus productive pour les professionnels », s’enthousiasme René-Marc Chikli, le président de l’association des tour-opérateurs français Ceto. Mais s’il séduit voyagistes, hôteliers et restaurateurs, le « zonage » risque de se heurter à l’hostilité des familles divorcées et éloignées, des enseignants ou des entreprises pour lesquelles il risque de compliquer un peu plus la gestion des congés estivaux.


Stéphane DUPONT et Christophe PALIERSE, Les Echos, le 06/09/2012

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