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Uniqlo se prépare à des temps moins fastes

12.10.2010, source : Les Echos.fr

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Le géant japonais de l'habillement table sur un recul de 14 % de son bénéfice opérationnel en 2011. En cause, la chute de ses ventes au Japon, pays qui représente encore trois quarts de ses ventes.


Les géants mondiaux de l'habillement sont à la peine. Après le suédois H&M, qui a revu à la baisse le nombre de ses ouvertures de magasins pour cette année, c'est au tour de Fast Retailing de freiner ses ambitions. Le groupe japonais propriétaire d'Uniqlo, la marque de vêtements basiques à petits prix, a indiqué vendredi qu'il s'attendait à un recul de 14 % de son résultat opérationnel en 2011, sur son exercice qui sera clos en août. Cette révision à la baisse intervient alors que, sur l'année fiscale qui vient tout juste de s'achever, le groupe nippon a vu son bénéfice opérationnel grimper de 21,9 %, à 132,9 milliards de yens (1,15 milliard d'euros). Il mise en revanche sur une hausse de 5 % de son chiffre d'affaires cette année, grâce à son développement à l'étranger.


En fait, c'est le Japon qui constitue le principal point noir pour le groupe. Uniqlo, son enseigne phare, y a vu ses ventes chuter de près de 25 % à nombre de magasins comparables en septembre. Du jamais-vu depuis sept ans. Le pays vieillissant ne sort pas de la crise économique, mais jusque-là l'entreprise avait toujours tiré son épingle du jeu, malgré la récession. Plus que les difficultés économiques, Uniqlo a mis en avant des problèmes de gestion de stocks et des raisons climatiques pour expliquer ce recul. Les températures estivales en septembre auraient empêché la vente des articles d'automne proposés en magasin. L'enseigne a aussi souffert d'une concurrence accrue, certains rivaux proposant désormais des articles similaires à sa gamme Heattech contre le froid.


Priorité à l'international

Cette contre-performance ne va pas aider Fast Retailing à devenir le numéro un mondial du secteur, son objectif pour 2020. Car c'est au Japon que le groupe réalise encore 75 % de ses ventes. Sur les 862 magasins Uniqlo dans le monde, 770 sont implantés dans l'archipel. Pour rééquilibrer son activité et réduire cette forte dépendance à son marché historique, Fast Retailing s'est lancé en 2001 à l'assaut des consommateurs étrangers, avec l'Angleterre, puis la Chine. Mais c'est surtout 2006, année de l'ouverture de son grand magasin à New York, qui a marqué un tournant. Avec la volonté de développer ce concept partout dans le monde. L'internationalisation est donc une priorité stratégique. Le poids des activités hors du Japon a presque doublé en un an, à 72,7 milliards de yens. Mais il reste encore modeste, à moins de 10 % du chiffre d'affaires total. Pour 2011, le groupe mise sur 100 milliards de yens.


Après le succès du « flagship » parisien ouvert il y a un an, le géant japonais de l'habillement a rappelé qu'en plus de la Chine, où il mise sur 1.000 magasins en 2020, contre 54 aujourd'hui, l'Europe est dans son viseur. Son objectif est d'atteindre 10 milliards d'euros de ventes dans la zone dans dix ans, en y ouvrant 300 points de vente, notamment dans les grandes capitales comme Berlin ou Barcelone.


Les perspectives à la baisse interviennent après une nouvelle année de progression pour Fast Retailing, mais moins soutenue que prévue. Sur l'année fiscale 2009-2010, le groupe a ainsi vu son bénéfice net bondir de 24 %, à 61,7 milliards de yens (536 millions d'euros), alors qu'il tablait sur 67 milliards. Son chiffre d'affaires a, lui, augmenté sur la période de 19 %, à 815 milliards de yens (7 milliards d'euros). Le titre a clôturé en baisse de 2,3 % vendredi. Il a perdu plus d'un quart de sa valeur depuis le début de l'année.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, 11.10.2010

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