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Trésorerie : anticiper les difficultés

18.10.2011, source : Les Echos.fr

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Nulle entreprise n’est à l’abri de connaître, un jour, des difficultés de trésorerie. Il suffit parfois d’un client qui tarde à payer pour se retrouver en situation périlleuse. Il faut alors réagir vite et, surtout, ne pas hésiter à se faire aider.


Rares sont les chefs d’entreprise qui ne se sont pas retrouvés, un jour ou l’autre, en position délicate, faute de liquidités suffisantes pour régler leurs échéances du moment. « C’est un cas de figure qui n’a rien d’exceptionnel », confirme Jean-Bernard Cappelier, patron du cabinet d’expertise-comptable Audit Conseil Patrimoine à Haguenau et vice-président de l’Ordre des experts-comptables. A fortiori, dans le contexte actuel, où les marges de manoeuvre sont serrées. « Les entreprises qui avaient de la trésorerie l’ont utilisée pour surmonter le trou d’air de la crise et beaucoup n’ont pas reconstitué leurs réserves », pointe Jean-François Trouillard, associé au cabinet d’expertise comptable In Extenso.


Les causes du problème sont multiples. « Souvent, l’incident se produit parce que l’entreprise a trop laissé filer les choses vis-à-vis d’un client en difficulté », note Bernard Cappelier. Le jour où l’on décide de réagir, il est alors trop tard pour récupérer son dû. Autre scénario, là aussi fréquent : celui de l’entreprise, en phase de croissance, qui engrange les commandes, mais a mal anticipé ses besoins en fonds de roulement. « Son dirigeant doit faire face à de grosses dépenses pour financer son développement, mais il ne dispose pas d’une trésorerie suffisante pour tenir ses engagements, le temps que ses clients le paient », analyse Jean-François Trouillard.


Chasse aux coûts

Comment réagir lorsque la trésorerie vient à manquer ? La première chose à faire, c’est de s’attaquer rapidement au problème, car la situation peut vite s’envenimer. Dans ce cas, la priorité est simple : d’un côté, rentrer du cash, de l’autre, repousser au maximum les sorties d’argent. C’est le moment de privilégier les clients les plus rentables et les plus prompts à régler leurs factures. Mais aussi de récupérer l’argent qui « dort » dans les recoins de l’entreprise : stocks d’invendus, actifs improductifs, etc. Quitte à proposer une belle ristourne. « Pour récupérer de l’argent frais, on peut aussi faire appel à une société d’affacturage, qui va racheter les créances clients », pointe Jean-François Trouillard.


Même si l’ego risque d’en prendre un coup, il est également conseillé d’aller chercher du soutien à l’extérieur. Du côté des cellules de soutien des CCI, notamment, dont le rôle est justement d’orienter les chefs d’entreprise en difficulté vers les bons interlocuteurs.


Plusieurs portes sont ouvertes, à commencer par celles des fédérations patronales, Medef et CGPME en tête. « Nous sommes à l’écoute des chefs d’entreprise pour les aider à identifier la cause du problème, et mettre en place des alternatives concrètes », explique Bruno Champoux, secrétaire général de la CGPME Auvergne. Comme par exemple, un étalement de charges sociales patronales ou un report d’impôt.


Autre piste à creuser, en particulier pour les entreprises en développement, en proie à une difficulté passagère de trésorerie : celle de l’organisme public Oséo. Celui-ci propose plusieurs solutions de financement. En particulier un contrat de développement visant à accroître son fonds de roulement, ainsi qu’un dispositif, Avance+, permettant de bénéficier d’un système d’avances sur ses créances clients, en particulier auprès des acheteurs publics, pas forcément réputés pour leur ponctualité.


Le comité départemental d’examen des problèmes de financement des entreprises (Codefi) est également un interlocuteur pertinent. Il peut aider à réaliser un audit de la société, voire proposer des prêts. Ses représentants siègent à la trésorerie générale de chaque département.


Enfin, en cas de problème persistant avec sa banque sur l’octroi d’un financement, il ne faut pas hésiter à contacter les services du médiateur du crédit (www.mediateurducredit.fr). « Nous avons une capacité de négociation avec les banques, qui aboutit, dans plus de 60 % des cas, à un accord ou une décision favorable », comptabilise Gérard Rameix, le médiateur. De quoi espérer passer ce cap délicat.


Thibault BERTRAND, Les Echos, 13/10/2011

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