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Travaux et habitat : le bâtiment prévoit un recul de l'activité en 2012

06.12.2011, source : Les Echos.fr

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La Fédération française du bâtiment a diminué de moitié sa prévision de croissance d’activité cette année et s’attend à une baisse de 1,9 % l’an prochain avec, à la clef, 35.000 suppressions d’emplois, intérim compris.

A la Fédération française du bâtiment (FFB), l’heure est à l’inquiétude. Là où, en octobre, elle tablait encore pour l’année en cours sur une progression de 2,2 % de l’activité du secteur, contre un recul de 3,8 % en 2010, elle fait aujourd’hui marche arrière. Elle a annoncé, hier, avoir divisé par près de deux cette prévision de croissance, à 1,2 %.

« Le segment de l’amélioration entretien représente la moitié de notre chiffre d’affaires, or il est moins bon que prévu sur le troisième trimestre et on s’attend maintenant à une baisse au quatrième trimestre », explique-t-on à la FFB. Les professionnels imputent le phénomène à un climat anxiogène. Depuis les annonces de restrictions budgétaires de François Fillon cet été, les décisions de travaux sont gelées, constatent-ils. Cela ne devrait pas s’arranger avec la suppression du prêt à taux zéro plus (PTZ +) dans l’ancien et le rabot du crédit d’impôt développement durable annoncés par le Premier ministre pour l’an prochain.


Baisse des effectifs en 2012

Quant à la construction neuve, les mises en chantier ont surtout progressé dans le non-résidentiel, qui représente 21 % de l’activité. Les logements neufs (29 % du total) ont aussi connu une croissance annuelle grâce au PTZ + et au dispositif Scellier, mais ce dernier va être considérablement raboté début 2012 pour disparaître en fin d’année.


Par ailleurs, « les entreprises de moins de 10 salariés, qui forment la majorité du secteur, ont actuellement un carnet de commandes qui décline, souligne la FFB. Ce carnet était de 3,3 mois au 1er semestre 2011 et il est descendu à 3,1 mois à fin septembre ».

Sur ces bases, la fédération refait ses comptes et anticipe dorénavant un recul en 2012. « Nous prévoyons une baisse d’activité de 1,9 %, ce qui induirait 35.000 suppressions d’emplois l’an prochain, intérim compris », a prévenu le président de la FFB, Didier Ridoret. « La baisse la plus forte devrait concerner les logements neufs (-3,3 % ), tandis que le recul atteindra 1,4 % pour les travaux d’amélioration-entretien et 1 % pour le non-résidentiel neuf (21 % du secteur) », a-t-il précisé.

Pour 2011, les effectifs du bâtiment progressent de 9.000 emplois nets, il est vrai, essentiellement en intérim. « En 2012, une digue va lâcher, s’inquiète Didier Ridoret. Alors qu’en 2008 et 2009, l’emploi dans notre secteur fut préservé, en grande partie grâce à l’action positive des pouvoirs publics, pour l’année à venir se dessine un tout autre scénario, proche de celui des années 1990. » Un ton alarmiste qui fait écho à la fureur du président de la FFB après les annonces de François Fillon cet été, qui l’ont mis devant le fait accompli. « Le Scellier était inscrit dans le projet de loi de Finances jusqu’en 2015, avant qu’on annonce sa suppression fin 2012 ! », s’emporte Didier Ridoret. La FFB fait donc valoir son chiffrage des conséquences... en espérant sans doute discuter avec les candidats à la présidentielle, sur ces bases, des mesures à prendre. Comme la disparition des autoentrepreneurs que la FFB accuse de concurrence déloyale vis-à-vis des artisans du bâtiment.


Myriam CHAUVOT, Les Echos, 30/11/2011

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