Les secteurs

Travail dominical : les professionnels du bricolage remontés

28.04.2013, source : Les Echos.fr

imprimer

Castorama et Leroy Merlin ont introduit une QPC mettant en avant une distorsion de concurrence. Et Bricorama poursuit son combat contre FO.

Les grands magasins ne sont pas les seuls à revendiquer le droit d’ouvrir le dimanche. Depuis des années, les magasins de bricolage tentent de convaincre les pouvoirs publics d’ajouter par décret ce secteur à la liste des activités autorisées le dimanche. La Fédération des magasins de bricolage (FMB) martèle que 40 % du chiffre d’affaires de ses adhérents sont réalisés avec les mêmes produits (plantes, objets de décoration) que ceux vendus par Ikea ou encore Conforama ou Truffaut, ouverts le septième jour en vertu de dérogations accordées il y a plus de quinze ans pour le jardinage et l’ameublement.

Techniquement, pour pouvoir accueillir leurs clients le dimanche, les enseignes doivent elles aussi être intégrées aux fameux périmètres d’usage (Puce). Il n’y a aucune autorisation à Paris et une petite vingtaine en Ile-de-France, où la bataille est devenue particulièrement virulente. Le mois dernier, les professionnels ont brandi un sondage montrant que plus de 70 % des consommateurs y sont favorables. Ils estiment qu’environ 100 magasins de bricolage sont concernés par le problème en Ile-de-France et que 7.000 salariés y travaillent au moins un dimanche par an.

Sur le terrain, la guérilla est féroce. En février, 5 des 32 magasins Bricorama de la région parisienne, fermés le dimanche depuis le 4 novembre suite à une décision de justice sur une plainte de FO, ont fait savoir qu’ils vont pouvoir rouvrir « prochainement », après avoir été classés en Puce.

L’annonce a été faite par Jean-Claude Bourrelier, président du groupe, au sortir d’une réunion à Matignon au cours de laquelle il a demandé au gouvernement de « mettre un terme à ce désordre ». L’homme d’affaires a également exigé une saisie de l’Autorité de la concurrence. Pour lui, chaque dimanche non ouvert représente une perte de 500.000 euros par magasin. Et la décision de justice le contraindrait à renoncer à renouveler de 250 à 500 emplois, majoritairement occupés par des étudiants.

Pour l’enseigne, le combat est aussi devenu vital, puisqu’elle est menacée de devoir payer une amende de 37 millions d’euros à FO. Le syndicat a porté plainte pour ouvertures illégales en Ile-de-France et l’application des condamnations entre janvier à novembre 2012 aboutit à une somme supérieure au résultat net 2011 de l’entreprise (24 millions). Elle correspond à l’addition des astreintes décidées en janvier par le tribunal, soit 30.000 euros par dimanche et par magasin. Castorama et Leroy Merlin ont également introduit une question prioritaire de constitutionnalité en janvier mettant en avant une distorsion de concurrence. Le marché du bricolage représente au total 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires et les dépenses annuelles par ménage sont estimées à plus de 786 euros par an.

Julie CHAUVEAU, Les Echos, 25/04/2013

Dernières actualités