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Tourisme : un nouveau patron pour Nouvelles Frontières

11.05.2011, source : Les Echos.fr

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Jean-Marc Siano est remplacé par Pascal de Izaguirre à la tête du numéro un européen du tourisme. La maison mère TUI Travel remanierait son organisation en France.


Le voyagiste Nouvelles Frontières, et plus largement les activités en France de sa maison mère britannique TUI Travel, sont, semble-t-il, à la veille d'une nouvelle donne. Celle-ci pourrait être annoncée dès aujourd'hui en marge de la publication des résultats du groupe au titre de ses six premiers mois de son exercice 2010-2011. L'affaire est d'importance car le numéro un européen du tourisme l'est également en France, détenant par ailleurs Marmara, numéro un du tour-opérating français par le nombre de forfaits vendus.


Ces grandes manoeuvres ont commencé hier avec l'annonce du départ surprise du patron de Nouvelles Frontières, Jean-Marc Siano. A la tête du groupe depuis septembre 2006, il a été remplacé par Pascal de Izaguirre, depuis un peu moins d'un an le directeur général de la compagnie aérienne du groupe, Corsairfly. Venu d'Air France, Pascal de Izaguirre avait pour lourde tâche de redresser Corsairfly sous la houlette de... Jean-Marc Siano.


Dans un communiqué laconique, Nouvelles Frontières a expliqué ce changement inattendu par l'existence de « divergences de vues », sans autre précision. Autre signe d'une période sensible, la direction de la communication de la société renvoyait à une agence extérieure, où la consigne était au « silence radio ».


Amplifier les synergies

De fait, selon « La Lettre de l'Expansion » du 9 mai, TUI Travel envisage de rapprocher toutes ses entités françaises dans une structure chapeautée par un seul dirigeant. En l'occurrence, il s'agirait de Pascal de Izaguirre. Cet ancien élève de l'ENA coifferait donc Marmara sans pour autant qu'une fusion juridique intervienne formellement. Le groupe dispose déjà dans l'Hexagone d'un holding commun, les deux sociétés soeurs étant juridiquement séparées. En outre, il apparaît difficile de fusionner d'emblée un voyagiste « low cost » comme Marmara et Nouvelles Frontières, groupe intégré. Ce pilotage commun viserait néanmoins à amplifier les synergies, avec pour objectif de redresser les comptes de Nouvelles Frontières, plombés par Corsairfly ces dernières années.


A l'issue de son exercice 2009-2010, Nouvelles Frontières a accusé une perte opérationnelle de 31,2 millions d'euros, à comparer à 41,4 millions un an auparavant, pour un chiffre d'affaires de 1,03 milliard. De son côté, Marmara affichait un résultat avant impôt de 23,61 millions (+ 8,9 % ) pour un chiffre d'affaires de 591,5 millions.


Dans le rapprochement se posera notamment la question de la gestion des marques. Le calendrier de ce pilotage plus serré n'est pas neutre. Le marché du tour-operating est à nouveau en pleines turbulences depuis la mi-janvier avec en premier lieu l'impact des événements en Afrique du Nord.


Christophe PALIERSE, Les Echos, le 10.05.2011

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