Tourisme : un été meurtrier pour le secteur en France

03.09.2014, source : Les Echos.fr

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Climat décevant, modification des habitudes des touristes ... Le bilan de la saison estivale 2014 est bien morose pour le tourisme français.

Climat décevant, modification des habitudes des touristes ... Le bilan touristique de la saison estivale 2014 est bien morose, à l’image du climat. Cette année, dans toute la France, on estime que le nombre de vacanciers a baissé de 4 % par rapport à l’année 2013. S’il n’est pas le seul coupable, le temps pluvieux et des températures bien en dessous des normales saisonnières ont fait mal. Très mal. Selon Didier Arino, directeur général adjoint de Protourisme, un cabinet spécialisé dans les études et le conseil dans les secteurs du tourisme, des loisirs et de l’hôtellerie : « Il est responsable d’une forte hausse des départs à l’étranger ». En effet, près de 34 % des vacanciers français sont partis à l’étranger contre seulement 28 % en 2013. Outre le temps, qu’on estime responsable de 800 000 euros de pertes pour les acteurs du tourisme, l’argument des prix plus bas à l’étranger, du coût de la vie moins élevé et des vols low-cost rivalisant avec les tarifs ferroviaires français, est avancé. Mais il ne fait pas tout. « Les études montrent que les touristes allant à l’étranger y dépensent plus que s’ils étaient restés en France », confie Didier Arino. Par ailleurs, le manque à gagner est d’autant plus grand que les Français préférant séjourner ailleurs qu’en France appartiennent majoritairement à la catégorie des gros budgets, prêts à dépenser plus de 2 500 euros par foyer. Ces départs vers des contrées lointaines ont particulièrement affecté la côte Atlantique - « de La Baule à Hendaye » précise Didier Arino, qui accuse une baisse de près de 6 % de sa fréquentation pour la saison estivale 2014. Autre région touchée par les intempéries, le Rhône-Alpes, qui voit sa fréquentation baisser de 10 % cette année.

Les vacances coûtent trop cher pour les rater

Si, sur l’ensemble du territoire, on accuse une légère baisse, certaines régions sont parvenues à tirer leur épingle du jeu. Ainsi, l’Alsace, la Bretagne et la Normandie ont un bilan plus positif de la saison estivale. Pourtant, il est difficile d’établir des généralités quant aux habitudes des vacanciers français : « Ce ne sont désormais plus des comportements de masse que l’on étudie », ces habitudes touristiques étant morcelées. Ainsi, si la Bretagne et la Normandie voient le taux de fréquentation de leurs campings augmenter de 5 %, le nombre de réservations dans l’hôtellerie classique a drastiquement baissé. D’après Didier Arino, cela révèle deux grandes tendances : celle du « moins loin, moins longtemps, moins cher », qui fait la part belle aux régions proches des grandes villes et celle où les touristes privilégient la durée, la qualité et regardent moins à la dépense... Mais ne partent qu’une fois par an.

Avec un tel renouveau de la consommation, une bonne situation géographique ne suffit plus. « Les vacanciers résonnent désormais ainsi : "Les vacances coûtent trop cher pour les rater" », explique Didier Arino. Ainsi, certains campings en bord de plage sont désertés. On leur préfère des lieux excentrés mais proposant des activités, de l’animation. Ainsi, le Club Med « La Palmyre » n’a pas vu son taux de fréquentation baisser en 2014, alors que près de 46 % des vacanciers français ont un budget inférieur à 1 000 euros par foyer.

A.M, Les Echos, le 25/08/2014

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