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Tourisme : un cru 2012 en recul dans les régions

27.08.2012, source : Les Echos.fr

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Les professionnels évoquent une baisse d’activité estivale de l’ordre de 5 %. Le mauvais temps qui a sévi du mois d’avril jusqu’à la mi-juillet a poussé les touristes à privilégier les destinations du Sud mais, là comme ailleurs, la crise les a rendu particulièrement attentifs à leurs dépenses.

La saison estivale 2012 ne restera pas dans les annales. Les taux de change favorables qui ont permis aux Américains, Britanniques et Japonais, notamment, de reprendre le chemin de la capitale n’ont apparemment pas eu le même effet sur les stations touristiques dans les régions. Les professionnels évoquent le mauvais temps, quatre week-ends d’élections au printemps, l’absence de pont au 14 Juillet et la crise pour expliquer une baisse d’activité de l’ordre de 5 % cette année, corroborée par les premiers chiffres publiés hier par le cabinet Protourisme. Et il n’est pas sûr que le retour du beau temps fin juillet et les fortes chaleurs de ces derniers jours aient suffi à sauver la saison.

« La mauvaise météo au nord de l’Europe a largement profité au sud de la France, confirme le comité régional de tourisme Paca. Les clients étrangers, notamment néerlandais, belges et allemands, sont massivement descendus vers le Midi, particulièrement dans le Vaucluse, le Var et les Alpes-Maritimes. La fréquentation des Français est plutôt stable et enregistre même un léger repli dans les régions de montagne. » En fait, fin juillet, 76 % des professionnels de Paca estimaient le niveau de fréquentation « assez bon à bon ». Ils étaient 81 % l’an passé à pareille époque. « Nous avons été pénalisés par la baisse de notre principale clientèle au mois d’août, les Italiens, moins nombreux en raison de la crise économique qui touche la péninsule », explique Michel Tschann, président du Syndicat des hôteliers de la Côte d’Azur. Les Scandinaves, les Anglais ainsi que les Russes étaient au rendez-vous mais, à Cannes, la clientèle du Moyen-Orient a fait défaut en août en raison du ramadam.

Le début de saison a été plus difficile en Languedoc-Roussillon où, sans retrouver les niveaux de l’an dernier, le beau temps du mois d’août devrait permettre de maintenir l’activité touristique dans la moyenne des années précédentes. Les professionnels évoquent la crise. Elle se matérialise par une progression des réservations de dernière minute à prix réduits et une réduction des dépenses de restauration et de loisirs. L’Aquitaine n’est pas épargnée non plus et seuls 57 % des professionnels sont satisfaits de la haute saison qui rattrape un début d’été difficile. « Les vacanciers recherchent à la fois le bon plan et la météo la plus favorable », résume Brigitte Bloch, directrice du comité régional de tourisme, qui note aussi que « la recherche de l’hébergement gratuit, en famille ou chez des amis, progresse et représente 50 % en Aquitaine contre 66 % en France ».


Les JO ont pénalisé Paris

Plus au nord, en Charente-Maritime, 2012 est « un bon cru » même si juillet a été plus difficile, notamment pour les îles de Ré et d’Oléron. Là encore, les vacanciers font attention à leurs dépenses. En Bretagne, fin juillet, Yvon Bonnot, le maire de Perros-Guirec était soulagé d’avoir pu contenir le recul de la fréquentation à 5 %. Pour le comité régional du tourisme, les trois quarts des professionnels bretons étaient alors insatisfaits, mais août s’annonce meilleur avec une première quinzaine « assez bonne ». L’effet météo a été encore plus sensible en Normandie. « Le mois d’août est venu relever l’été 2012, note-t-on au comité régional du tourisme. Certains adhérents ont même un meilleur chiffre en août 2012 qu’en août 2011. » Dans les terres, l’Alsace n’a pas égalé son record de l’an passé mais le niveau d’activité reste élevé dans toute la région. L’Auvergne n’est pas mieux lotie. Là encore, l’activité du mois d’août devrait permettre d’afficher un bilan qualifié de « correct » par les professionnels. Paris, qui annonçait hier avoir enregistré une croissance de 1,4 % sur le premier semestre (tourisme d’affaires compris), admettait toutefois que pendant la période des JO de Londres, le taux d’occupation des hôtels avait baissé de 2,3 %...


Dominique MALECOT, Les Echos, le 24/08/2012

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