Les secteurs

Tourisme : les professionnels du littoral restent sur leur faim

03.08.2010, source : Les Echos.fr

imprimer

Sur l'ensemble du littoral, les plages se sont mieux remplies en juillet que l'an dernier, hormis celles de Charente et de Vendée. En revanche, les touristes ont tendance à se priver de restaurant et rognent sur les dépenses non obligatoires.

Des visiteurs en plus grand nombre, mais qui serrent leurs dépenses. La première mi-temps de la saison, qui s'achève avec le rituel chassé-croisé de l'été, laisse un peu sur leur faim les acteurs du secteur touristique. « C'est une saison bizarre. Il reste de la place et la consommation semble avoir beaucoup baissé, mais il y a des professionnels qui sont satisfaits et dont les établissements tournent à plein », indique Catherine Sénand, de l'office du tourisme de l'île de Ré. Une observation qui se rapproche peu ou prou de ce que constatent ses homologues un peu partout sur le littoral.

En Paca, le comité régional du tourisme (CRT) note pour juillet un niveau de réservation sensiblement identique à celui de 2009, mais un montant de dépenses sur place bien inférieur. Les professionnels sont donc un peu moins contents qu'ils ne l'étaient l'an dernier (73 % de relativement satisfaits contre 77 % ). L'hôtellerie traditionnelle n'a pourtant pas démérité avec une progression de 13 % des nuitées en juin, largement imputable, il est vrai, à l'activité festivalière du début de saison. Celle-ci profite aux villes (Aix, Arles, Avignon, Nice...), l'arrière-pays étant un peu délaissé.Le Languedoc-Roussillon est dans le même cas. Le littoral affiche complet en attirant davantage de Français et d'étrangers, notamment Britanniques, qui profitent de la baisse de l'euro. Tendance marquante, l'hôtellerie et la restauration haut de gamme sont en forte progression. Mais, globalement, les restrictions budgétaires sont de mise. Pour la première fois depuis plusieurs années, les organisateurs de spectacles ne font pas salle comble.

En Aquitaine, les touristes font également très attention, surtout s'ils sont français et espagnols, plus touchés dans leur pouvoir d'achat que les Allemands, en tête des étrangers cet été. « Ils ne font pas d'économies sur le coût des séjours proprement dits, mais plutôt sur les dépenses non obligatoires, comme les musées, les repas au restaurant, les produits festifs », détaille Brigitte Bloch, directrice du CRT. Au total à fin juillet, 2010 est au même niveau que 2009, qui n'avait pas été un mauvais cru.

En Poitou-Charentes et dans les Pays de la Loire, la fréquentation du littoral accuse un fort retard. « La tempête Xynthia a coupé net les réservations qui devaient être faites en mars. On ne le récupérera jamais », considère Catherine Sénand, du CRT. Hors front de mer, les professionnels sont plus sereins. En juillet, le Futuroscope a attiré autant de visiteurs que l'an dernier et leur budget moyen est en légère hausse. Dans les Pays de la Loire, la première moitié de juillet a été laborieuse dans les campings, mais la suite de la saison s'annonce prometteuse hormis pour le littoral vendéen. Xynthia oblige, les étrangers se tiennent à l'écart.

La Bretagne connaît un très bon début de saison en termes de fréquentation, mais les touristes sont pingres. Les professionnels comptent sur août pour faire le plein de la clientèle française et étrangère, notamment britannique, qui opère un retour remarqué. Des rabais de 10 % à 30 %  sont parfois proposés pour la réservation d'une chambre ou d'un emplacement de camping.

La montagne retrouve les faveurs des estivants. « La fréquentation est en hausse de 3 à 5 %  », note Vincent Rolland, le président de Savoie Mont Blanc Tourisme. Une tendance imputable non seulement aux Français (75 % des visiteurs), mais aussi aux étrangers avec, dans l'ordre, les Néerlandais, les Anglais et les Belges. A la fin de la saison, les professionnels espèrent un gain de 500.000 à 600.000 nuités dans les Alpes, soit le double de la progression observée sur l'été dernier.

A Paris, juillet 2010 est lui aussi meilleur avec des visiteurs plus nombreux et parmi eux davantage de touristes « à gros budget ». Notamment chez les Américains, qui profitent de la baisse de l'euro. Mais aussi les Japonais, qui s'étaient faits plus discrets (- 8 % l'an dernier), et les touristes venus du Proche et Moyen-Orient, qui ont anticipé leurs vacances, le ramadan tombant au mois d'août cette année.


JOËL COSSARDEAUX AVEC LES CORRESPONDANT S, Les Echos, le 30.07.10

Dernières actualités