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Tourisme : le Club Med s'engage sur la voie d'une croissance rentable

14.12.2011, source : Les Echos.fr

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Après deux années de pertes, l’exploitant de villages de vacances a renoué avec les bénéfices en 2010-2011. Il a désormais « vocation à distribuer un dividende ».

Le Club Méditerranée s’est trouvé une nouvelle destination : la rentabilité. Après deux exercices déficitaires, l’exploitant de villages de vacances a non seulement renoué avec les bénéfices au terme de son exercice 2010-2011 (clos au 31 octobre), mais surtout, promet son PDG Henri Giscard d’Estaing, a, désormais, « vocation à distribuer un dividende », alors qu’il a accumulé les pertes depuis 2001, à l’exception de certains exercices verdoyants pour cause d’éléments exceptionnels.

Ses comptes 2010-2011 marquent, indubitablement, une rupture que l’on pourrait résumer par la formule : un petit profit mais un grand pas pour le Club Med. De fait, il enregistre un résultat net part du groupe positif de 1 million d’euros, contre une perte de 16 millions en 2009-2010 -et de - 58 millions en 2008-2009 - pour un chiffre d’affaires consolidé de 1,423 milliard d’euros, en progression de 5,2 %.

Ce retour aux bénéfices, certes modestes, mérite d’autant plus d’être souligné qu’il tient d’abord à la rentabilité de l’exploitation des villages qui a été, encore, en forte amélioration avec un résultat opérationnel courant (ROC) de 61 millions, soit un bond de 47,8 %. A contrario, le ROC patrimoine, qui englobe les coûts liés à l’immobilier - entre autres, ceux pour rénovation et fermeture de sites -, s’est dégradé, à - 24 millions (contre - 14 millions).


Repositionnement

En outre, la sortie du rouge du Club Méditerranée est intervenue dans un contexte défavorable avec les incidences du printemps arabe, de la catastrophe de Fukushima, enfin, de la détérioration de la conjoncture.


Pour le PDG, cela valide le bien-fondé de sa stratégie de repositionnement de la société, engagée en 2004, afin de mieux faire face aux aléas. Le Club Med, qui s’est installé sur le haut de gamme, avec une offre « tout compris » et les familles pour cible commerciale privilégiée, a atteint « cette ambition ». Simultanément, il profite pleinement de son internationalisation avec l’apurement du foyer de pertes que constituait la zone Amériques, en engrangeant son premier profit opérationnel depuis au moins dix ans (+ 5 millions).

Le groupe, estime Henri Giscard d’Estaing, peut « regarder l’avenir avec confiance », d’autant que sa structure financière est saine avec un ratio d’endettement de 32 %. Son PDG promet une nouvelle hausse de « l’ensemble des indicateurs » pour l’exercice en cours, bien que « très vigilant » à l’environnement ambiant.

Enfin, alors que le Club Méditerranée parachèvera sa transformation en 2012, d’où une amélioration à venir de son ROC patrimoine, l’heure est à l’offensive tous azimuts avec deux mots d’ordre : « gagner des parts sur les marchés matures » ; « aller chercher la croissance là où elle se trouve », ce qui signifie poursuivre la percée dans les pays émergents. De quoi séduire encore plus les investisseurs.

Ceux-ci étaient « à l’achat » vendredi, le Club Med finissant la séance sur un gain de 6,46 %.


Christophe PALIERSE, Les Echos, 12/12/2011

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