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Tourisme : Fram a perdu près de 24 millions d'euros en 2011

17.07.2012, source : Les Echos.fr

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Le voyagiste, dont la direction présente vendredi son plan social, a vu sa perte nette part du groupe s’accroître de 71 % l’an dernier, à 23,48 millions d’euros.

2011 a été une année particulièrement noire pour Fram. Le voyagiste, dont la direction présente un plan social vendredi 13 juillet, a en effet accusé un déficit record l’an dernier, au vu de ses comptes annuels que « Les Echos » se sont procurés. De sources concordantes, on savait déjà que le déficit constaté au titre de l’exercice 2011 dépassait la perte nette part du groupe pour 2010, soit 13,76 millions d’euros. De fait, il s’est accru de près de 71 % : la perte nette part du groupe de Fram s’élève en réalité à 23,48 millions, pour un chiffre d’affaires consolidé de 441,78 millions, en baisse de 8,41 %.

Fram, qui a subi de plein fouet les incidences du « printemps arabe », puisque très dépendant de son activité en Afrique du Nord (près de 50 % des ventes sur les destinations moyen-courriers en 2010), enregistre des pertes pour tous ses métiers. Le déficit constaté pour le pôle « tour operating », qui regroupe les marques Fram et Plein Vent (entrée de gamme), a quasiment doublé en 2011, à 14,26 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 401,8 millions, en retrait de 9 %. L’impact de sa forte exposition sur les destinations nord-africaines est également tangible pour l’hôtellerie, avec un déficit de 7,39 millions (+47,3 % ), qui représente plus de la moitié de sa contribution au chiffre d’affaires consolidé (13,3 millions). De même, la perte enregistrée au titre du réseau d’agences est multipliée par 2, à 1,47 million d’euros, pour près de 15 millions de revenus (+9 % ).

Cette détérioration des comptes du groupe familial a, bien entendu, dégradé le niveau de ses capitaux propres, ramené de 85 millions d’euros à 59 millions, sachant qu’une nouvelle distribution de dividendes est intervenue (2,6 millions d’euros, après 16,7 millions en 2010).


Vers un nouveau déficit en 2012

La situation est d’autant plus tendue que le Fram s’achemine vers un nouveau déficit pour 2012. Dans le document déposé au greffe, il est ainsi fait état d’une perte d’exploitation pouvant atteindre jusqu’à 10 millions d’euros, « en hypothèse dégradée », pour Voyages Fram, l’entité juridique portant le tour-opérateur Fram. Les mesures du plan de restructuration, que la direction présente officiellement ce vendredi aux délégués du personnel des deux grandes entités du groupe, à savoir Voyages Fram et Fram Agences (distribution), feront sentir leurs effets qu’en 2013.


Ce plan prévoit la suppression de 67 postes, en premier lieu au siège de Toulouse, sur un effectif cible de quelque 600. La direction envisage de supprimer 46 postes au sein de l’activité « tour operating » et du « réceptif » à l’étranger -les métiers d’accueil et d’accompagnement de la clientèle-, et 21 autres dans la distribution, soit le réseau d’agences de Fram (56 points de vente en propre). A la fin 2011, le groupe employait en effectifs consolidés 3.317 personnes, dont 822 en France. L’activité « tour operating » réunissait 472 personnes, le pôle agences de voyages en regroupant, de son côté, 292.


Simplification juridique

Ce plan social est l’un des volets d’une stratégie à horizon 2015, concoctée par le nouveau président du directoire, Olivier de Nicola, nommé en décembre dernier en remplacement d’Antoine Cachin, démissionnaire. Outre la recherche de productivité, l’heure serait aussi à la cession d’actifs, à l’offensive sur Internet et le digital, et à la remise à plat de l’offre. On parle en effet d’un resserrement du nombre de destinations. Pour redresser Fram, Olivier de Nicola devrait aussi s’appuyer sur l’héritage de son prédécesseur. L’offre entrée de gamme du petit voyagiste Plein Vent, acquis à la fin 2008, est ainsi cruciale. De même, la présence de Fram dans l’hôtellerie de plein air, avec son camping de Soustons (Landes), ouvert en 2010, semble préservée. Par ailleurs, Fram n’échappera pas à une simplification juridique rapide avec le rapprochement de Voyages Fram et de Fram Agences. Au bout du compte, la problématique semble le maintien de l’entreprise sur la crête des 400.000 clients, à comparer à son pic de 611.000 lors de l’année commerciale 1999-2000 -soit deux saisons touristiques, hiver et été.


Christophe PALIERSE, Les Echos, le 12/07/2012

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