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Tensions sociales sur fond de temps de travail chez Buffalo Grill

08.06.2014, source : Les Echos.fr

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La modulation du temps de travail est au centre d’un désaccord.

Après les grèves des 25 et 31 mai sans précédent chez Buffalo Grill et qui avaient touché une soixantaine de ses restaurants, l’heure est au retour au calme. Mais pas formellement à la sortie de crise.

La direction de la chaîne de restauration commerciale à thème, poids lourd de son secteur (330 établissements en France), a décidé, pour faire baisser la température, d’amender son projet de modulation et d’annualisation du temps de travail, qui a mis le feu aux poudres.

Selon les syndicats à l’origine du mouvement, FO et la CGT, le dispositif aurait conduit à supprimer les heures supplémentaires, soit un manque à gagner notable pour les salariés concernés - environ 4 000 - déjà frappés, entre autres, par l’abrogation de la loi Tepa.

Ouverture prudente

Reculant d’un pas, la direction propose de ne l’appliquer qu’aux futurs embauchés et invite en outre les syndicats à la retrouver le 10 juin en vue de discuter des modalités d’application.

Le négociateur CGT pour l’hôtellerie-restauration, Stéphane Fustec, prévient d’ores et déjà : son organisation, déclare-t-il aux « Echos », « ne sera pas signataire d’un tel système, source de tensions » avec la coexistence programmée de deux statuts de salariés. De son côté, le responsable FO, Jean-Luc Giraudon, manifeste une ouverture prudente : « On verra les contreparties », dit-t-il prudent, tout en reconnaissant être à l’écoute d’une base qui incline maintenant à un compromis.

Au-delà de la taille de l’entreprise, ce coup de chaud chez Buffalo Grill est d’autant plus suivi dans le secteur qu’une négociation de branche sur la modulation du temps de travail est au point mort. Pour les syndicats, celle-ci signifierait revenir sur l’accord social de 2009 qui avait accompagné l’abaissement du taux de TVA à 5,5 %. Depuis, il est remonté à 10 % et la crise a frappé de plein fouet la restauration.

Le climat social dans la restauration est d’autant plus dégradé que la négociation sur la grille salariale est aussi dans l’impasse. Un éventuel accord se traduirait certes par une hausse moyenne de 2 %, mais aussi la fin de la « prime TVA », qui remonte elle aussi à 2009. Dans ce contexte, les syndicats vont saisir le ministre du Travail.

Christophe PALIERSE, Les Echos, le 06/06/2014.

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