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Tendance : les médicaments en vente libre séduisent de plus en plus

09.12.2012, source : Les Echos.fr

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L’automédication est le seul segment du marché pharmaceutique en développement. Les pharmacies d’officine pourraient y trouver un relais de croissance.

Les médicaments en vente libre seront-ils la planche de salut des pharmacies d’officine ? C’est en tout cas ce que Pascal Voisin, spécialiste du secteur au sein du cabinet IMS Health France, veut croire. Les officines connaissent en effet une stagnation de leur chiffre d’affaires, essentiellement sous l’influence du contrôle par l’Assurance-maladie des ventes de médicaments de prescription. Du coup, la marge brute des pharmacies est en baisse. Si elles ne réagissent pas, le déclin les guette.

Dans ce contexte, l’automédication, c’est-à-dire l’achat de médicaments sans prescription, a enregistré une croissance de 4,7 % en 2012 (2 milliards d’euros), alors que le chiffre d’affaires total des officines restait stable (- 0,2 % ), à 35 milliards d’euros. Les principaux domaines thérapeutiques de l’automédication sont les voies respiratoires (24,6 % ) et la douleur (21,1 % ), devant les voies digestives (12,5 % ) et la peau (9,9 % ). Les laboratoires français sont bien représentés sur ce marché. Sanofi est en tête (11,6 % de part de marché), devant Upsa (7,3 % ), filiale de l’américain BMS, et Boiron (6,4 % ). Parmi les produits d’automédication, c’est Doliprane qui remporte la palme, suivi d’Humex, de Nurofen et d’Efferalgan.

Disparités géographiques

Or le chiffre d’affaires des médicaments en vente libre est resté stable jusqu’à cette année. Les déremboursements, qui incitent les laboratoires à développer des versions pour la vente libre, ne suffisent pas à expliquer l’évolution de ce segment de marché, qui, au-delà de cet effet mécanique, semble bien animé d’une dynamique propre. Toutes les officines ne sont pas cependant sur un pied d’égalité. Les pharmacies des zones touristiques et celles de passage, où l’automédication représente respectivement 10 et 15 % du chiffre d’affaires, sont mieux placées que celles des zones rurales ou des centres-villes (respectivement 5 et 8 % du chiffre d’affaires).

Celles qui veulent tirer parti de ce segment de marché doivent en tout cas s’y mettre tout de suite, car, selon Pascal Voisin, les médicaments en vente libre pourraient bien finir par échapper aux pharmacies d’officine, comme au Portugal ou en Italie, pour être vendus par des chaînes. « Ce n’est qu’une question de temps », estime-t-il.

Raison de plus pour se familiariser avec les techniques de marketing tout en préservant la dimension de conseil du pharmacien. Les officines seront ainsi mieux armées pour résister aux enseignes commerciales.

Catherine DUCRUET, Les Echos, 04/12/2012

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