Les secteurs

Téléphonie : Phone House s'enfonce dans la crise

15.12.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Phone House. Selon « Le Monde  », l’enseigne de distribution spécialisée en téléphonie a perdu le contrat qui la liait à Bouygues Telecom. L’annonce devait être faite par le PDG Guillaume van Gaver hier aux salariés du groupe. « Nous avons anticipé la perte du contrat en annonçant à nos équipes, il y a quelques semaines, la fermeture de 79 magasins sur 330, représentant 246 suppressions de postes (sur un total de 1.200 salariés, NDLR) , donc il n’y aura pas de fermetures supplémentaires  », assurait hier Guillaume van Gaver au quotidien. Ce n’est pas l’avis des syndicats, qui redoutent un nouveau plan social. Il faut dire que Bouygues Telecom représente 12 % des ventes de Phone House. Cet été, tout semblait pourtant indiquer que l’accord serait renouvelé. Les offres de Bouygues Telecom cesseraient d’être commercialisées dans le réseau Phone House à partir du 1er janvier 2013.

L’enseigne voit par ailleurs son modèle remis en cause, comme tous les distributeurs physiques de terminaux. Jusqu’à présent, Phone House commercialisait des téléphones « nus  », non subventionnés, et empochait une commission versée par les opérateurs sur les abonnements qu’il parvenait à vendre. Ces commissions représentaient une part majeure de son chiffre d’affaires et c’est aussi là que se situaient les marges les plus importantes. Depuis quelques mois, toutefois, les opérateurs ont tendance à mettre en avant les offres qu’ils commercialisent directement (Sosh, B&You, Red...), sans passer par les magasins. Pour faire face à la nouvelle concurrence de Free Mobile, ils ont aussi dû revoir à la baisse les tarifs de leurs forfaits avec subvention du terminal. Conséquence : toutes les enseignes physiques réduisent la voilure. SFR lui-même a prévu de fermer 56 des 850 magasins dont il dispose. Pour compenser ces pertes, les distributeurs multimarques se tournent de plus en plus vers la vente d’accessoires et de services, mais ceux-ci dégagent moins de marge.

Nicolas RAULINE, Les Echos, 11/12/2012

Dernières actualités