Surfaces bio : la France devant l'Allemagne

21.07.2014, source : Les Echos.fr

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Avec 5 000 hectares de plus, la France s’est hissée au troisième rang européen.
 

Cela se joue à 5 000 hectares. En 2013, la France a devancé d’un rien l’Allemagne en termes de surfaces agricoles biologique cultivées, selon le bilan de l’Agence Bio, un organisme public qui dépend des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. L’Hexagone s’est hissé à la troisième place, avec 10 % des surfaces bio européennes, gagnant ainsi un rang par rapport à 2012 où il pointait juste derrière l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie conservent la tête du classement.

Les surfaces certifiées biologiques en France ont presque doublé en seulement cinq ans. Elles sont passées d’environ 600 000 hectares à plus de 1 million d’hectares. En Allemagne, l’évolution est plus régulière depuis 2002.

Bilan contrasté

Du côté de la proportion des fermes bio, la France a reculé, en revanche, à la quatrième place, à 10 %, derrière l’Italie (17 % ), l’Espagne (12 % ) et la Pologne (10 % ). L’Allemagne pointe à la sixième place, devancé par la Grèce (9 % ). Ces chiffres sont plutôt flatteurs. Mais, selon Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, en réalité, « le bilan de la France par rapport à l’Allemagne est contrasté. » En Allemagne, l’agriculture biologique représente 6,32 % de la surface agricole utile (SAU), contre 3,93 % seulement pour la France. Les consommateurs allemands sont également les plus sensibles aux vertus de l’agriculture biologique. L’Allemagne est le premier marché bio en Europe avec plus de 7,5 milliards d’euros en 2013. La crise de 2008 a ralenti l’appétit pour les aliments verts, mais la tendance est repartie à la hausse depuis 2010. La France (2e) est très loin avec un marché bien plus réduit, d’environ 4,5 milliards, toujours selon l’Agence Bio.

Le seul pays européen qui a reculé, ces dix dernières années, est le Royaume-Uni. Alors qu’il dépassait celui de la France jusqu’en 2008, le marché britannique a fortement souffert de la crise économique de 2009 à 2012. Il s’est ressaisi depuis mais n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant 2008. En parallèle, les surfaces bio cultivées outre-Manche ont baissé de plus de 100 000 hectares depuis cette année-là pour représenter 600 000 hectares en 2013. A l’exception de l’Allemagne et de la France, les principaux pays producteurs ne sont pas ceux dont le marché est le plus développé. Alors que l’Espagne et l’Italie sont de loin les premiers producteurs en termes de surfaces, leurs marchés bio domestiques sont modestes. L’Italie pointe à la 4e position européenne avec près de 2,5 milliards d’euros. L’Espagne se situe au même niveau que le Danemark ou les Pays-Bas avec de l’ordre du milliard d’euros.

La culture de bio ne se limite pas à l’Europe de l’Ouest. Les surfaces cultivées ont bondi à l’Est aussi. Elles ont été multipliées par six depuis 2000 pour passer de 7 % à 18 % des surfaces bio de l’UE. Près de deux tiers sont localisés en Pologne.

Adrien SCHWYTER, Les Echos, le 18/07/2014.

 

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