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Son plan de redressement refusé par l'administrateur, Virgin craint pour son avenir

23.02.2013, source : Les Echos.fr

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Le plan de redressement proposé par Virgin pour sauver ses 26 magasins n'a pas été jugé viable par l'administrateur.

Bien sûr, les salariés de Virgin Megastore peuvent toujours espérer un repreneur pour la chaîne de 26 magasins. Mais, après que le comité d’entreprise a été informé, hier, que le plan de redressement élaboré par la direction n’avait pas été jugé viable par l’administrateur judiciaire, Gérard Philippot, et son expert, le cabinet Mazars, une telle éventualité paraît peu probable. Même si l’appel d’offres lancé vendredi prochain sera adressé à tous les opérateurs internationaux de biens culturels.

Les offres, qui devront être remises au plus tard le 5 avril (le tribunal devrait rendre son jugement fin mai - début juin) porteront donc certainement sur quelques magasins. On sait que l’enseigne Cultura, implantée en périphérie, est intéressée par le centre-ville. Certains points de vente seront vraisemblablement amenés à changer d’activité, ce qui ne permettra pas la conservation du personnel. Sans repreneur global, les effectifs du siège sont également menacés.

Le plan de redressement élaboré par Christine Mondollot, présidente du directoire depuis juin 2012, était sérieux. Il prévoyait un recentrage sur des magasins de 1.000 mètres carrés avec une offre numérique. Mais il supposait la fermeture d’une dizaine d’unités et le transfert de nombreuses autres. En effet, Virgin exploite aujourd’hui des surfaces moyennes de 2.500 mètres carrés. Il aurait fallu aussi rénégocier les loyers avec les bailleurs pour redescendre d’une moyenne de 8 % à 12 % du chiffre d’affaires au niveau de 5 % pratiqué par le concurrent Fnac.

Un travail de titans qui n’aboutissait, au bout de deux ans, qu’à un résultat d’exploitation égal à 1 %. C’était déjà mieux que le ratio de - 10 % en 2012 (soit un Ebit négatif de 25 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires de 242 millions)… Mais peu séduisant pour un investisseur et impossible à réaliser avec une trésorerie de 35 millions seulement, des loyers impayés depuis plusieurs mois et une dette de 110 millions. Le fonds Butler Capital, propriétaire depuis 2008, aurait dû s’y prendre plus tôt.

Le plan de cession, accepté par les représentants du personnel, pourrait permettre de financer le plan social nécessaire pour les employés laissés sur le carreau (sur un effectif total de 1.000). Selon nos informations, Butler, qui n’a en revanche jamais puisé dans les caisses de l’entreprise, ne l’abondera pas. Les espoirs de l’administrateur portent aussi sur le rachat du bail des Champs-Elysées par les nouveaux propriétaires qataris. Ces derniers avaient proposé 20 millions d’euros en janvier. Ils pourraient tabler sur la liquidation de l’enseigne avant de relouer - probablement à Volkswagen pour 17 millions annuels après travaux. Mais les dirigeants de Virgin estiment que l’emplacement a pris de la valeur grâce à leur présence active depuis vingt-cinq ans.

La direction de Virgin compte également écrire aux distributeurs français qui exploitent des rayons de disques et de livres (Carrefour, Auchan, Leclerc et ses Espaces Culturels) pour leur proposer d’embaucher les ex-employés Virgin aux compétences reconnues. Une démarche qui sera appuyée par les pouvoirs publics.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 21/02/2013

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