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Soleil et remises élevées engendrent un bon démarrage des soldes d'été

05.07.2010, source : Les Echos.fr

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Dans les grands magasins, les premiers résultats des soldes indiquaient hier des hausses de 4 % à 10 %  des ventes par rapport à l'an passé. Les sites de vente sur Internet pronostiquent des progressions à deux chiffres. En marge du lancement des soldes, les syndicats s'inquiètent de « la déréglementation du temps de travail ».

Les soldes d'été ont débuté hier matin sous un soleil de plomb, à la grande satisfaction des commerçants, qui ont bon espoir d'écouler leurs stocks de tenues légères, à trois jours des premiers départs en vacances. Les soldes « démarrent bien », a confirmé Jean-Marc Genis, président de la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH), qui regroupe 25.000 points de vente de chaînes.

Après un début de matinée plutôt calme, boulevard Haussmann, à Paris, marqué par la traditionnelle visite de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, les ventes se sont révélées plutôt bonnes aux Galeries Lafayette et au Printemps. A 17 heures, les Galeries annonçaient une progression de 10 %  par rapport à l'an passé, avec 250.000 visiteurs et 150.000 articles vendus. Sur l'ensemble des 61 magasins de l'enseigne à travers la France, la hausse était de 7 %. Au Printemps, Pierre Pellarey, directeur d'Haussmann, parlait, lui, d'une progression de 4 % à 5 %, grâce, notamment, aux rayons femme et accessoires. « Cela devrait monter d'ici à la fermeture [à 21 heures, NLDR] car la clientèle asiatique et moyen-orientale vient plutôt tard », a-t-il ajouté. A Paris, la baisse de l'euro laissait globalement espérer un afflux de touristes étrangers. Le BHV communiquait, lui, + 7 % en régions et + 5 % à Paris.

En province, l'affluence dans les magasins était forte à Lyon et à Nantes, moins à Bordeaux et à Strasbourg, selon l'AFP.

Sur la Toile, selon Marc Lolivier, délégué général de la Fevad, la fédération de la vente à distance, la tendance à la mi-journée s'annonçait « positive » tant en termes de fréquentation que de ventes, grâce des réductions d'emblée supérieures à 50 % . Les sites d'e-commerce pronostiquaient des hausses à deux chiffres de leurs ventes.

Les clients des grands magasins parisiens rencontrés hier étaient nombreux à estimer les soldes intéressants cette année, bien que certains aient regretté « les nombreux articles encore non soldés, ou pas suffisamment ».


Attente impatiente

Les budgets prévus pour les soldes témoignent cependant de l'attente impatiente de ceux-ci, comme l'atteste une cliente qui déclare avoir « économisé jusqu'à 1.500 euros cette année pour profiter des soldes ». Un autre affirmant : « Quand on trouve des offres intéressantes, le budget total peut atteindre les 2.000 euros, et peut-être plus. » Globalement, les clients ont envie de « faire de bonnes affaires sur des articles inaccessibles le reste du temps ».

Beaucoup se réjouissent de l'ouverture tardive des magasins, et peu trouvent à redire sur les dates des soldes, alors même que les professionnels se sont plaints de leur démarrage trois jours seulement avant le début des vacances scolaires.

En marge du début des soldes, une manifestation intersyndicale de quelques centaines de personnes des professions du commerce s'est tenue à Paris pour dénoncer « la déréglementation du temps de travail et les bas salaires dans la profession ». Les revendications ont porté sur les salaires, les ouvertures le dimanche, les jours fériés travaillés et le temps partiel. Karl Ghazi, secrétaire général de la CGT-commerce parisienne a dénoncé une « fuite en avant » à propos des conditions de travail. Eric Scherrer, représentant Seci-CFTC, a estimé de son côté que « les salariés du commerce n'ont plus rien, même plus les jours fériés ».

Les organisations syndicales ont appelé à la plus grande vigilance concernant l'application de la loi Maillé sur le travail dominical, souhaitant inscrire ce mouvement unitaire dans la durée. Une rencontre a eu lieu à Bercy avec le chef de cabinet d'Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du Commerce. Elle n'a débouché sur rien.

P. B. AVEC J. P., Les Echos, le 01.07.10

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