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Solaire : les mesures de l'Etat déçoivent la filière

26.09.2012, source : Les Echos.fr

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Si les professionnels s’étaient montrés satisfaits du discours du gouvernement lors de la conférence environnementale, ils le sont beaucoup moins des mesures. Désireux d’envoyer « un signal fort et concret » à une filière photovoltaïque « en difficulté », le gouvernement a annoncé que « la baisse annuelle des tarifs d’achat sera plafonnée à 20 %  ». Jusqu’à présent, le tarif de rachat par EDF de l’électricité solaire a baissé de 34 % depuis mars 2011.

« C’est une énorme déception de voir un discours si engagé pour les renouvelables et d’observer un tel vide sur les mesures d’urgence. Au tarif actuel, les PME ne peuvent déjà plus travailler », critique Thierry Mueth, président de l’association Enerplan. « Le tarif de rachat aurait pu être un peu plus élevé aujourd’hui, et baisser moins vite ensuite sans que cela recrée une nouvelle bulle. Là, c’est plus que ce que ne peut digérer la filière », ajoute Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Autrement dit : les défaillances de PME devraient se poursuivre, estime la profession, qui avait demandé de limiter la baisse des prix de rachat à 10 % par an. L’Etat n’a cependant pas suivi les recommandations de l’administration, qui lui suggérait d’abandonner les tarifs de rachat (en cinq ans) et de privilégier les appels. Quant à la bonification des tarifs de rachat « d’au plus 10 % en fonction de l’origine des composants des panneaux photovoltaïques », elle est bien accueillie sur le principe, mais les professionnels doutent de sa faisabilité juridique. « Nicolas Sarkozy l’avait annoncé au printemps, cela ne s’est pas fait », souligne Thierry Mueth.


Ne pas alourdir la CSPE

Le SER estime toutefois qu’il reste des marges de manoeuvre. Les volumes de projets déclenchant la baisse des prix de rachat seront « immédiatement significativement revus à la hausse », a indiqué le gouvernement. Enerplan voudrait aussi que les tarifs de rachat s’appliquent à des projets de taille plus importante (250 kW au lieu de 100 kW), afin d’amortir les frais fixes.

Alors que le gouvernement est empêtré dans les hausses du prix du gaz, il ne voulait pas alourdir davantage la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Payée par le consommateur, cette taxe finance l’écart entre le tarif de rachat du solaire et les prix de marché de gros de l’électricité. Et non seulement la CSPE a crû très vite mais EDF, qui finance l’écart entre sa collecte et les charges réelles, réclame à l’Etat une rémunération du « portage » de son déficit, évalué par la ministre de l’Energie, Delphine Batho, à « près de 5 milliards d’euros ».


Véronique Le BILLON, Les Echos, le 24/09/2012

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