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« Social business » : Muhammad Yunus promeut son modèle via les partenariats

05.02.2010, source : Les Echos.fr

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Le microcrédit n'a pas été affecté par la crise, estime son fondateur. Vantant le modèle du « social business », il va créer un fonds d'entreprises sociales pour la reconstruction à Haïti et discute avec Uniqlo ou SAP pour des partenariats.


Un banquier applaudi par les chefs d'entreprise, cela ne court pas les rues. Il fallait donc qu'il soit prix Nobel de la paix et fondateur du microcrédit, via la Grameen Bank au Bangladesh, pour pouvoir rallier les suffrages. « Je ne crois pas que les banquiers aient appris quoi que ce soit » de la crise, a d'ailleurs jugé Muhammad Yunus, mercredi 03 février, en ouverture du Salon des entrepreneurs (organisé par le Groupe Les Echos). « Nous ne sommes ni touchés ni liés à la crise. Nous avons été " résilients " parce que nous sommes très proches de l'économie réelle », a-t-il expliqué. Autrement dit, il n'y a pas de risques hébergés on ne sait où ni de produits sophistiqués : les succursales de la Grameen Bank prêtent seulement dans leur zone géographique. Phase ultérieure de sa vision de l'économie, Muhammad Yunus a défendu le modèle du « social business », où la résolution de problèmes sociaux ou environnementaux remplace comme source de motivation la maximisation du profit. En outre, l'objectif n'est pas de grossir : « Il faut changer de mentalité », plaide Muhammad Yunus.

Les dons aux associations humanitaires seraient ainsi l'un des concurrents de l'entreprise sociale. « L'argent des "charities" ne revient jamais. Alors que, si vous le mettez dans une entreprise sociale, vous le recyclez, c'est plus efficace », a-t-il plaidé. Il va à ce titre créer à Haïti un fonds d'entreprises sociales pour contribuer à la reconstruction après le tremblement de terre.

Intérêts en termes d'image

Présentes depuis deux ans à New York, et depuis quelques mois dans le Nebraska et à San Fransisco, les activités de Muhammad Yunus essaiment au gré des demandes, qu'elles émanent de politiques ou d'entreprises, même les plus mondialisées.

« On me demande souvent si Danone [l'un de ses premiers partenaires au Bangladesh, NDLR] m'utilise, mais c'est moi qui utilise Danone. Avant de travailler avec eux, personne ne connaissait le "social business", maintenant tout le monde sait ! » Les grands groupes y voient leur intérêt, notamment en termes d'image. Après Adidas pour produire des chaussures, des discussions sont en cours pour des partenariats avec Uniqlo et SAP.

V. L. B., Les Echos, 04/02/2010

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