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Ski : Fusalp mise sur le luxe pour doper son export

13.06.2012, source : Les Echos.fr

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Fusalp se relance en misant sur le luxe. La marque mythique de ski, qui a inventé le fuseau en 1952, vient de lancer une collection haut de gamme. Elle s’inspire des premiers modèles de la marque il y a soixante ans. Avec une touche chic en plus. « Nous avons revisité nos archives pour créer cette gamme de prêt-à-porter technique, précise Joël Gleyze, le PDG. Les pantalons et les doudounes reprennent par exemple les boudins des tenues de ski de l’équipe de France de l’époque. » Mais la griffe a ajouté à ses vestes un col de renard de Sibérie. Et ses pulls mélangent mérinos et fils techniques. Le prix de cette collection atteint jusqu’à 2.000 euros, contre 500 euros jusque-là pour les lignes Fusalp. La production est répartie entre l’Asie, le Portugal, l’Italie et les pays de l’Est.


« Aspen, Gstaad ou Alta Badia »

Avec cette relance, la société d’Annecy vise le marché international. Aujourd’hui, elle affiche un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, dont 12 % à l’export. Son objectif est d’atteindre 35 % dans quatre ans grâce à une clientèle étrangère friande de marques de luxe, comme en témoigne le succès des doudounes Moncler, récemment reprises par le fonds Eurazeo. « Nous visons les plus belles stations du monde, reprend le patron. Nous sommes déjà présents dans une vingtaine d’entre elles, comme Aspen, Gstaad ou Alta Badia. » Joël Gleyze détient 100 % du capital de Fusalp, qu’il avait repris en 1984 en dépôt de bilan, avec deux anciens cadres ; il estime que le luxe, en conservant des matériaux techniques, est le seul axe d’avenir, alors que le marché français est dominé pour l’« outdoor » par Décathlon. Fusalp est aujourd’hui vendu dans 400 points de vente dans l’Hexagone, dont 25 franchises. La griffe de ski va aussi développer dès septembre l’accès de son site de e-commerce à des pays étrangers. Les ventes par Internet représentent déjà 5 % de son activité. « Nous sommes en discussions pour développer des licences de la marque au Japon, en Corée et en Chine, note le PDG, mais cela ne se fera pas avant 2013. » La Chine, qui tire les ventes du luxe mondial, est en train de créer des stations de ski près de la frontière sibérienne.

Avec ces projets, la société espère doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2016. Une taille suffisante pour permettre à la dernière société indépendante d’habillement de ski de séduire un acquéreur potentiel. Car son PDG, à cinquante-six ans, pense passer la main dans quelques années, faute d’héritiers en âge de reprendre les bâtons.


Dominique CHAPUIS, Les Echos, le 11/06/2012

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