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Sévère baisse de régime en France dans la restauration

29.03.2013, source : Les Echos.fr

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2012 a été une année noire pour la restauration commerciale en Europe. Au Royaume-Uni, l’activité a cependant été tirée par la restauration rapide.

2012 a été une année noire pour la restauration commerciale française. Les professionnels semblent même davantage fragilisés que certains de leurs homologues européens, selon diverses statistiques de la société d’études marketing NPD Group, qui a valeur de référence dans le secteur. De son dernier état des lieux annuel concernant la France, il ressort une baisse de la fréquentation de 2 % par rapport à 2011, soit une perte de 114 millions de « visites » ramenant le total à environ 5,1 milliards. En clair, l’amélioration de la fréquentation amorcée en 2010 et 2011, après le recul de 2009, est effacée. « Le nombre de visites est inférieur de 100 millions au total de 2009 », indique même la responsable France de la division restauration de NPD Group, Christine Tartanson.

« Retour à la gamelle »

En outre, la restauration rapide, qui résiste mieux aux aléas de la conjoncture, « est également touchée », ce qui n’était pas le cas en 2009 où la fréquentation avait alors été stable. Concrètement, elle accuse un repli de la fréquentation de 2,2 %, ce qui correspond à une perte de 77 millions de visites. La restauration rapide reste toutefois plus dominante que jamais avec une part de marché, en termes de fréquentation, de 67 %.

Pour autant, l’effet report de la restauration à table vers la restauration rapide, qui avait été observé en 2009 et 2010, s’est estompé. « Une partie de la clientèle est retournée vers la restauration collective », observe d’ailleurs Christine Tartanson. « Il y a un retour à la gamelle », renchérit avec son langage fleuri le président de l’organisation patronale de l’hôtellerie-restauration Synhorcat, Didier Chenet. La restauration à table, elle, est à nouveau à la peine avec un recul de la fréquentation de 2 %, avec un total de visites de 1,7 milliard, le plus bas depuis cinq ans…

La baisse générale de l’activité a été toutefois partiellement compensée par l’augmentation de la dépense moyenne par visite, qui tient, pour beaucoup, à celle de la TVA, d’où une érosion de 0,3 % du total des dépenses, à 36 milliards d’euros, dont 16 milliards au titre de la restauration rapide (- 0,2 % ) et 20 milliards pour la restauration à table (- 0,4 % ).

Crise profonde

A contrario, le marché de la restauration commerciale apparaît plus porteur en Allemagne ou au Royaume-Uni, selon d’autres statistiques recueillies auprès de NPD Group. Le total des dépenses - restauration rapide + restauration à table - a en effet crû de 2,4 % outre-Rhin, à 46 milliards d’euros, et de 0,7 % outre-Manche, à 47 milliards d’euros. Le boom allemand s’explique toutefois par l’augmentation de la dépense moyenne (+ 3,4 % ), alors que la fréquentation a fléchi (- 1 % ). En parallèle, la croissance constatée pour le Royaume-Uni est surtout alimentée par la vitalité de la restauration rapide (hausses de 1 % de la fréquentation et de 1,2 % de la dépense moyenne). En Espagne, confrontée à une crise profonde, la tendance est négative, en volume comme en valeur. La restauration s’avère un bon thermomètre de l’état d’esprit des consommateurs de la Vieille Europe.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 27/03/2013

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