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Services : la panne s'éternise pour les voyagistes français

16.12.2012, source : Les Echos.fr

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Le marché français du voyage à forfait a reculé de 3,8 % en trafic en 2011-2012. Un repli du niveau des réservations de plus de 10 % s’annonce pour l’hiver 2012-2013.

En dépit d’un bon mois d’août, il n’y a pas eu de miracle : le marché français du voyage à forfait a fini l’année commerciale 2011-2012 (1er novembre-31 octobre) sur les genoux.

Le bilan d’activité du Ceto, l’association professionnelle des tour-opérateurs (TO), publié hier, fait état d’une baisse du nombre de passagers de 3,8 % par rapport à 2010-2011, avec un total avoisinant 4,25 millions de personnes. Le volume d’affaires agrégé des TO membres du Ceto, soit l’essentiel de la profession, a diminué de 2,6 %, à 4,13 milliards d’euros. « Cela aurait pu être pire », a commenté, hier, son président, René-Marc Chikli, à l’occasion du séminaire de l’organisation qui se tient à Bordeaux jusqu’à ce soir. Homme d’expérience, il a rappelé que l’ « année noire » de 2008-2009 s’était achevée sur des chutes de 7 % du trafic et de près de 10 % du volume d’affaires.

Il n’en demeure pas moins que le trafic a nettement fléchi sur toutes les zones : - 4 % pour la France, la première destination des Français (742.196 clients) ; - 3,7 % pour le moyen-courrier (2,58 millions) ; enfin, - 4,1 % pour le long-courrier (921.504). Concernant l’Hexagone, la directrice générale du groupe Lagrange, Line Baudu, a souligné que « le mois de juillet (à - 24,7 %, selon le Ceto, NDLR) a plombé l’été ». Seule bonne nouvelle en France, la progression de la recette unitaire (+ 5,7 % ), d’où une légère croissance du volume d’affaires (+ 1,4 % ).

Pour l’activité moyen-courrier, hormis vers la Tunisie, où elle s’est redressée (lire ci-dessous), c’est une baisse quasi générale, au Maroc comme en Turquie, et jusqu’à 19 % pour l’Egypte. Les Canaries (+ 25 % ) et les Baléares (+ 2,3 % ) sont les rares satisfactions en moyen-courrier.

Recrudescence des « vols secs »

Dans le long-courrier, la Thaïlande (+ 36,9 % ) a témoigné du regain d’intérêt pour la destination Asie, qui bénéficie, globalement, d’une croissance de plus de 4 % en trafic et en volume d’affaires, malgré « une petite déception » pour la Chine, a noté le PDG d’Asia, Jean-Paul Chantraine.

Au rang des déconvenues, les Antilles françaises (- 8,3 % ) ont confirmé leurs difficultés, les Etats-Unis (- 3 % ), comme le Canada (- 15 % sur l’été), ayant subi, à l’instar du Maroc, les effets de « la désintermédiation », en clair des consommateurs qui « fabriquent » eux-mêmes leurs vacances à partir d’un « vol sec ». La billetterie aérienne a d’ailleurs crû de 5 % en 2011-2012 (soit plus de 3 millions de passagers pour les adhérents du Ceto), le « vol sec » représentant 42 % du trafic total, soit une hausse de quatre points par rapport à 2010-2011. « Les tour-opérateurs vont devoir inventer des produits différenciants », en a conclu Patrice Caradec, le PDG de Transat France (Look Voyages, Vacances Transat). Pour ce dernier, la défense des marges passe aussi par une gestion serrée des capacités afin de vendre au « juste prix ». Cette rigueur opérationnelle est visible dans les tendances de réservation de cet hiver sur certaines destinations. A titre d’exemple, sur les Caraïbes, elle est à la baisse (- 27,5 % ), en raison d’une compression des capacités vers la République dominicaine.

Globalement, les tours-opérateurs anticipent une baisse de 10,3 % en trafic et de 7 % en volume d’affaires. « On est sur les mêmes bases qu’en 2008-2009 », observe le président du Ceto. Si le Maroc se reprend (+ 20,3 % ), l’Egypte est toujours aussi délaissée (- 47,1 % ), comme la Turquie (- 29,2 % ) ou les Antilles françaises (- 33,1 % ). Quant à la destination France, elle semble en panne (- 3,6 % ). Au sens propre comme au figuré d’ailleurs : en première ligne, les voyagistes tricolores en difficulté (lire ci-dessous) confirment que « le marché français est en retard » par rapport aux autres pays d’Europe ou la Russie.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 12/12/2012

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