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Services financiers : profiter des taux bas pour regrouper ses crédits

17.06.2013, source : Les Echos.fr

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Les offres de rachat de crédit fleurissent alors que les conditions de taux sont très attrayantes. Mais, bien qu’encadré, le rachat de crédit doit être manié avec prudence.

Donnez vie à vos projets en regroupant vos crédits ! » « Optimisez votre budget avec le rachat de crédit ! », ces formules de rachat de crédit sollicitent fréquemment les particuliers, souvent dans leurs e-mails. Les propositions commerciales sont nombreuses mais pas toutes avantageuses. Comment éviter les mauvaises surprises ?

Le rachat de crédit est-il intéressant ?

Atout principal du regroupement de crédits : diminuer ses mensualités de remboursement et, donc, son taux d’endettement. Habituellement, il est dicté par la contrainte. La négociation aboutit à un nouveau prêt de durée supérieure. Dès lors, le coût total du crédit augmente, même si le rééchelonnement des dettes dans le temps permet d’alléger les remboursements et de retrouver un peu d’aisance pour le quotidien.

Mais, dans les conditions actuelles, solder ses prêts avec un nouvel emprunt peut permettre de profiter de taux plus intéressants. Il ne s’agit plus d’une mesure d’urgence motivée par la nécessité de pallier un manque ou une réduction de revenus, mais d’une stratégie patrimoniale permettant par exemple de réaliser des travaux, d’aider ses enfants ou ses parents, d’investir dans une entreprise

Quels crédits regrouper ?

Crédits immobiliers, prêts à la consommation (prêt personnel, crédit renouvelable, crédit lié à l’achat d’une voiture…) et créances non bancaires (dettes de loyers, d’énergie…) peuvent être regroupés. Si la part des crédits immobiliers pèse au moins 60 % du montant total de l’opération, le nouveau crédit sera soumis au régime du crédit immobilier. Sinon, ce sont les règles propres au crédit à la consommation qui s’appliquent.


Est-ce le bon moment ?

Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment, mais « la baisse des taux améliore sensiblement la pertinence de ces opérations », observe Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi.

Lors d’un rachat de crédit qui comprend un prêt immobilier, il peut être judicieux de faire racheter des prêts à la consommation, dont du revolving à des taux très élevés, au taux actuel des prêts immobiliers (moins de 3 %, en moyenne, à fin mai).

A qui s’adresser ?

Le candidat au rachat doit contacter différents établissements, muni des informations relatives aux crédits à regrouper (contrats, assurances, garanties…) et comparer minutieusement les propositions. La grande majorité de ces rachats est effectuée par les banques, mais aussi par la dizaine d’acteurs financiers dédiés au rachat de prêt comme BNP Personal Finance, CFCAL ou Creatis, accessibles via des courtiers en crédit (Cafpi, In&Fi Crédits, Meilleurtaux.com…), et par des spécialistes du crédit à la consommation (Cetelem…).


Quel encadrement ?

Depuis la loi Lagarde de 2010, les emprunteurs sont mieux informés sur le coût total de leurs crédits avant et après regroupement. Un bilan économique précis doit leur être remis, indiquant la nature du crédit, le taux, le montant des échéances, la date et la fin de remboursement, le montant total dû et les coûts supplémentaires.

La perte des garanties et des assurances des crédits qui vont être regroupés doit aussi être précisée.

En cas de rachat d’un crédit renouvelable, le particulier doit se voir proposer de mettre fin à ce crédit.

Combien ça coûte ?

Le rachat de crédit est onéreux. Les taux fixes de ces crédits se négocient à ce jour dans le réseau de Meilleurtaux.com entre 3,90 % et 8 %, avec une moyenne autour de 4,50 %.

Le coût global, qui avoisine en moyenne 8 % du montant du crédit, englobe des frais de dossier bancaires (de 0,40 % à 0,50 % du montant total du prêt), des honoraires du courtier (entre 1 % et 4 % ), des pénalités de remboursement anticipé des crédits à regrouper (3 %, en général, pour un prêt immobilier), des frais liés aux garanties (de 1 % à 2 % ) et à l’assurance (de 0,3 % à 1 % ).

Anne-Sophie VION, Les Echos, 14-15/06/2013

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