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Services aux entreprises : Internet s'engouffre dans le « B to B »

22.11.2011, source : Les Echos.fr

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Malgré une concurrence forte, de jeunes pousses tirent leur épingle du jeu. Point commun ? Elles exploitent les multiples possibilités et fonctionnalités du Web, pour inventer de nouvelles prestations « B to B ».

Lorsque l’économie tousse, le marché des services aux entreprises s’enrhume. En revanche lorsque l’activité repart, c’est la grande forme. Malgré les incertitudes pesant sur la croissance, l’embellie enregistrée en 2010 devrait perdurer. C’est du moins l’avis des experts de COE-Rexecode, qui prévoient un fort solde positif de la création d’emplois, ces prochaines années, dans les services. Une prévision partagée par le Centre d’analyse stratégique, qui anticipe 535.000 créations dans la branche d’ici à 2015.

Bonne nouvelle donc. Même si, sur les services « B to B », l’offre est déjà bien pourvue. Plutôt que de s’imposer frontalement, mieux vaut se démarquer, en misant sur des niches prometteuses. Comme, par exemple, le « crowdsourcing » (littéralement « approvisionnement par la foule »), une approche qui consiste à mettre la créativité des internautes au service de l’entreprise. Déjà bien ancré aux Etats-Unis, ce nouveau business prend son envol chez nous.


Concours créatifs

La jeune agence de création Creads organise ainsi des concours de création de logos, de marques, de plaquettes, via Internet, auprès d’une communauté de graphistes free-lance. « C’est une formule bon marché pour le client, par rapport aux agences classiques, et qui garantit un choix sans équivalent, parfois plus d’une centaine de propositions pour un simple logo », souligne Julien Mechin, l’un des fondateurs de l’entreprise. A l’entendre, la principale difficulté serait de fédérer une communauté d’internautes suffisamment large pour garantir une production de qualité. C’est aujourd’hui chose faite. Creads fédère un vivier de 40.000 créatifs free-lance et compte 900 clients, dont de grosses pointures comme la Société Générale, Areva, la SNCF.


Dans la même veine, E Yeka organise des concours de création vidéo mettant en scène, par exemple, les yaourts de Danone, les shampoings de L’Oréal ou les aventures d’une canette de Coca-Cola. Ce prestataire va beaucoup plus loin, puisqu’il implique les internautes dans la réflexion créative et prospective de ses clients. « On demande à notre communauté d’internautes d’imaginer l’avenir de leurs marques favorites, de nous décrire leurs attentes en termes de produit, d’image », explique François Pétavy, PDG de cette start-up française qui a essaimé à Londres, en Californie et en Asie. A charge pour ses équipes d’analyser cette matière première, riche d’enseignements pour les think tanks de ces marques.


Veiller à sa e-réputation

Egalement en forte progression, le business de l’e-réputation constitue une autre niche porteuse. Avec la montée en puissance des médias électroniques, des blogs, des forums de consommateurs, les marques commencent sérieusement à s’intéresser à ce qui se dit sur elles. « A fortiori lorsqu’elles misent commercialement sur la Toile », pointe Matthieu Chéreau, le patron de Tigerlily, une agence qui suit à la trace les conversations des utilisateurs de Facebook et Twitter. Mais attention, le métier évolue en permanence, au même rythme que les usages et pratiques des internautes. Alors qu’il y a quelques années, le business de l’e-réputation se résumait à un travail de veille, il faut aujourd’hui filtrer les bruits qui circulent sur la Toile. « On compte une centaine d’acteurs sur le marché », estime Ludovic Bajard, directeur associé de l’agence Human to Human, l’un des pionniers du secteur. Visiblement, il reste des places à prendre. « Si les grands comptes intègrent cette démarche, beaucoup de PME ne le font pas. » Elles risquent fort de s’y intéresser un jour ou l’autre.


Thibault BERTRAND, Les Echos, 16/11/2011

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