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Services à la personne: malgré les contraintes budgétaires, un coup de pouce pour les personnes âgées

19.02.2014, source : Les Echos.fr

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Les aides aux personnes dépendantes seront revalorisées en 2015. Ce sera une dépense supplémentaire de 650 millions d’euros par an.

Promise par Nicolas Sarkozy puis par François Hollande, la loi tant attendue en faveur des personnes âgées dépendantes va enfin voir le jour. Jean-Marc Ayrault a dévoilé le 12 février à Angers les principales mesures d’un projet de loi « pour l’adaptation de la société au vieillissement », qui sera présenté en Conseil des ministres le 9 avril et voté avant la fin de l’année. Mesure phare du texte : l’augmentation de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), une prestation accordée aux personnes dépendantes depuis 2001 (lire ci-dessous). « Contrairement au gouvernement précédent, nous n’avons pas fléchi devant l’ampleur de l’enjeu », a souligné le Premier ministre.

Rigueur budgétaire oblige, les dépenses supplémentaires annoncées resteront limitées : à peine 650 millions d’euros par an. « Lorsque nous préparions la réforme avec Roselyne Bachelot en 2011, on parlait plutôt de 3 milliards ! rappelle Pascal Champvert, le président de l’AD-PA, qui représente les directeurs des maisons de retraite et des services à domicile. Mais c’est déjà une bonne chose que ce projet de loi existe ». Pour France Alzheimer, il s’agit d’une « avancée notoire » après « dix ans de promesses », mais les moyens financiers qui sont alloués à la réforme sont jugés insuffisants.

Un timing « pas très bon »

« Priorité des priorités » pour le Premier ministre, les mesures sont concentrées sur le maintien à domicile, au détriment des personnes âgées hébergées dans les établissements (lire ci-contre). Les moyens financiers déployés ne permettront évidemment pas de faire face à l’intégralité des besoins au cours des prochaines années. On compte déjà 1,2 million de bénéficiaires de l’APA. Il y en aura 1,5 million en 2025 et 2 millions en 2040, en raison de l’allongement de l’espérance de vie et de l’arrivée aux âges de la dépendance des générations nombreuses du « baby-boom ».

La revalorisation de l’APA et les autres mesures annoncées par Jean Marc Ayrault sont financées par une taxe de 0,3 % sur les revenus des retraités, qui est entrée en vigueur l’an dernier. La recette, de 645 millions, existe donc déjà, mais elle était jusqu’à présent affectée à d’autres branches de la Sécurité sociale. Le projet de loi aura donc bien un impact négatif sur les finances publiques ce qui, vu le contexte budgétaire, ne va pas de soi. Certains au sein de l’exécutif plaidaient d’ailleurs pour que la réforme soit une nouvelle fois reportée. « Le timing n’est vrai ment pas très bon, alors qu’on cherche à réduire la dépense publique de plus de 50 milliards d’euros. Mais il s’agit d’une promesse de campagne de François Hollande qu’on ne pouvait pas mettre sous le tapis », explique un conseiller gouvernemental.

Critiquée par les acteurs du secteur pour avoir maintes fois repoussé la réforme de la dépendance, la droite est restée discrète, se gardant bien de tancer le gouvernement sur ce sujet.

Vincent COLLEN, Les Echos, le 13/02/2014.

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