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Services à la personne : le marché de la dépendance s'ouvre aux PME

05.03.2013, source : Les Echos.fr

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Evalué à 34,6 milliards d’euros, le marché de la dépendance va exploser. L’Etat et les départements voient se développer une offre privée, notamment pour l’aide à domicile. Les PME sont en première ligne.

Les chiffres sont là. On dépense chaque année en France 34,6 milliards d’euros pour accompagner les personnes âgées en perte d’autonomie. Selon le Syndicat national des maisons de retraite privées (Synerpa), qui gère 16 % des lits, la collectivité en finance 24 milliards d’euros, essentiellement sous forme de soins et de matériel. Les familles et les assurances paient le reste, notamment l’hébergement et l’aide à domicile assurée par des associations et des entreprises spécialisées. 80 % des personnes âgées vivent chez elles.

Une réforme est prévue, mais les départements doivent faire face. Ainsi, la Seine-et-Marne, qui accueille un grand nombre d’établissements en Ile-de-France, y consacre 90 millions d’euros par an. Le département recense 12.200 bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie, dont 6.400 suivis et aidés pour leur maintien à domicile. Il subventionne parallèlement la construction d’établissements d’hébergement (270 places réparties sur 3 établissements construits en 2012 pour 2,4 millions d’euros). De son côté, l’Essonne vient de poser la première pierre d’un établissement départemental avec la volonté affichée de faire baisser le prix à la journée.

En régions, les Bouches-du-Rhône devraient compter, en 2030, 37 % de personnes âgées dépendantes de plus, soit 31.600. Or, avec 11.254 lits, le territoire a un taux d’équipement de 68 places pour 1.000 habitants de 75 ans et plus, contre une moyenne nationale de 95 pour 1.000. Le schéma départemental personnes âgées, qui s’achève cette année, en prévoit 3.500 de plus. Le conseil général s’interdit de financer les entreprises privées et privilégie les associations et les établissements publics. Il leur a accordé 260,3 millions d’euros de crédits en 2012, dont 156,4 millions pour les aides au maintien à domicile. « Si le nombre de places en institution augmente d’ici 2030 au même rythme, il faudra prendre en charge à domicile 20.500 personnes âgées et augmenter d’environ 1.900 le nombre de professionnels à temps complet », observe l’Insee.

Regroupements et restructurations

Généralement rémunérées sur une base horaire de l’ordre de 20 euros, les associations sont sur des marchés proches de ceux d’entreprises, telles que Vitalliance ou Bien à la Maison. Déjà, les entreprises se regroupent et se structurent pour atteindre une taille critique ou occuper les différents créneaux du marché. Le groupe de maisons de retraite DomusVi vient ainsi de racheter le spécialiste de l’aide à domicile Nurse Alliance.

Les besoins des personnes âgées suscitent également un intérêt important des entreprises, notamment en Ile-de-France, où elles se sont regroupées au sein de l’association Sol’Iage (solutions innovantes pour l’autonomie et la gérontechnologie), qui dispose du statut de grappe d’entreprises et est financée à ce titre par la Datar. Parmi cette cinquantaine d’entreprises qui pèsent plusieurs centaines d’emplois, on retrouve des groupes comme le spécialiste de la téléphonie le suédois Doro, qui emploie une cinquantaine de personnes en France, le français Legrand ou encore le finlandais Vivago, qui conçoit des systèmes de téléalarme. Plusieurs dizaines de PME et start-up se sont aussi lancées sur ce marché à l’image de Link Care Service qui a mis au point des solution de vidéo vigilance pour les maisons de retraite ou encore la jeune BrainBox à l’origine de la console de jeux pour personnes malvoyantes Odimo.

« Notre but est par exemple d’aider ces start-up à s’organiser et à formaliser leur approche afin de créer des solutions qui aient un véritable intérêt social », explique Benjamin Zimmer, le responsable du développement et de l’innovation de Sol’Iage.

Les Echos Entrepreneurs, 05/03/2013

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