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Secteur automobile : 34 000 suppressions d’emplois en 2009

15.09.2009, source : Les Echos.fr

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Les constructeurs nationaux et les équipementiers ont détruit des emplois en masse entre janvier et août. Environ 14 % des suppressions d'emplois seraient liées aux délocalisations et 27 % à des fermetures de sites.
 

Chute des carnets de commandes, fermetures de sites, délocalisation dans les pays « low cost » : l'emploi est plus menacé que jamais en France dans la filière automobile. Ce n'est pas la prime à la casse sur les ventes de voitures, qui fait la part belle aux petites autos importées de l'étranger (Peugeot 107, Renault Twingo, VW Polo, etc.), qui suffit à corriger le tir. Au total, l'ensemble de la branche a enregistré la suppression de 34.434 emplois sur les huit premiers mois de 2009, selon l'Observatoire de l'investissement qui dépend de la société Trendeo. Ce total a été très partiellement contrebalancé par 5.955 créations de postes sur la même période, si bien qu'au total, 28.479 emplois nets ont été détruits. Fin décembre 2008, l'industrie automobile française comptait 257.000 personnes, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles.

Depuis janvier, 308 annonces diverses de la part des entreprises du secteur ont entraîné des réductions d'emplois, tandis que 36 initiatives doivent se traduire par des créations. Sur les destructions proprement dites, les délocalisations de production, chez les constructeurs comme chez les équipementiers, représentent à ce jour 4.856 postes perdus, soit 14 % du total. Quelque 42 % des réductions sont par ailleurs liées à des plans de réduction d'effectifs, parfois consécutifs à une reprise, et 27 % résultent de fermetures de sites.


Les fournisseurs en danger

C'est logiquement Renault et PSA qui ont supprimé le plus de postes. La création d'une équipe de nuit à Sochaux, pour des nouveaux modèles comme les Peugeot 3008 et 5008, a néanmoins permis de limiter la casse. Au-delà des emplois supprimés en masse chez les grands noms du secteur, comme Faurecia, Michelin ou Valeo, une bonne dizaine de fournisseurs (Wagon Automotive, Autoliv, Trèves, GMD, etc.) ont annoncé des plans de 300 à 400 réductions de postes.

Le mouvement n'est certainement pas fini. Pour les fournisseurs, « les défaillances touchent surtout actuellement les entreprises de moins de 100 salariés. Et le plus gros danger arrive cet automne, en matière de besoin en fonds de roulement, beaucoup d'acteurs arrivent dans une impasse dès octobre »,selon Lionel Baud, dirigeant de Baud Industrie et président du Syndicat national du décolletage.

Conscient de cette fragilité, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a installé hier une commission destinée à soutenir les sous-traitants de l'automobile. Le but est d'apporter une aide aux « fournisseurs des fournisseurs », sur le modèle du Fonds de modernisation des équipementiers (FMEA), créé par son prédécesseur Luc Chatel, abondé à hauteur de 600 millions d'euros par Renault, PSA et le Fonds stratégique d'investissement (FSI). Une partie de l'enveloppe du FMEA, qui n'a pas été attribuée, sera versée à ce « fonds bis », le solde étant demandé aux équipementiers de « rang 1 ». Les montants exacts restent à définir d'ici à fin octobre. En outre, un groupe de travail a été créé pour « gérer et anticiper les surcapacités ». Mais parmi les participants à la réunion d'hier, certains avouent ne pas avoir de vision très claire des thèmes qui ont été abordés.

Denis Fainsilber, Les Echos,11/09/09

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