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Sarkozy appelle la distribution à modérer ses marges alimentaires

07.04.2010, Information communiquée par l'enseigne

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Le chef de l'Etat a menacé hier les grandes surfaces de taxer les surfaces commerciales si elles ne modèrent pas leurs marges en période de crise des productions agricoles.


Les prix, les prix, les prix. La question est devenue obsessionnelle pour les agriculteurs avec la libéralisation des marchés, qui, au total, laisse peu de marge de manoeuvre aux dirigeants des Etats européens. Nicolas Sarkozy en a néanmoins fait son cheval de bataille, hier à l'issue de sa visite d'une exploitation céréalière à Buno-Bonnevaux, dans l'Essonne.

Profitant de la présence de Jérôme Bédier, responsable de la Fédération du commerce et de la distribution, le président de la République a mis en garde les enseignes de la grande distribution contre les marges excessives sur les produits alimentaires, lorsque les temps sont durs pour les producteurs. Une disposition du Code rural applicable aux denrées périssables, et plus particulièrement aux fruits et légumes depuis 2006, permet aux distributeurs de modérer leurs bénéfices lorsque les prix agricoles s'effondrent, explique-t-on à l'Elysée.

Encore faut-il qu'ils proposent de l'activer. La balle est dans leur camp donc. Mais, « s'il n'y a pas un accord de modération des marges », Nicolas Sarkozy les a prévenus qu'il se réservait « la possibilité d'enclencher une taxe additionnelle sur les surfaces commerciales ». Le chef de l'Etat a par ailleurs répondu favorablement au souhait des agriculteurs d'assouplir diverses mesures du Code général des impôts concernant les investissements et les amortissements. L'idée serait de déclarer une partie des gains des bonnes années lorsque la situation se dégrade. A charge pour les parlementaires de voter un amendement dans ce sens au projet de loi de modernisation de l'agriculture préparé par Bruno Le Maire. Le Sénat ouvrira les discussions sur le texte le 18 mai.

Nicolas Sarkozy a en revanche refusé de revenir sur la réorganisation des aides agricoles européennes, effectuée au détriment des céréaliers. Le milliard d'euros prélevé sur les primes végétales et redistribué, dans un souci d'équilibre, aux éleveurs et aux agriculteurs de montagne ne sera pas remis en question. Un comité de suivi de la compétitivité des céréaliers doit être prochainement installé et dira à l'automne si leur situation requiert une compensation de l'Etat acceptable par les autorités européennes.


Resserrer les liens avec l'Allemagne


La question de plus en plus pesante de l'écart de compétitivité avec l'agriculture allemande, notamment dans le secteur laitier, sera, elle, abordée lors des échanges de ministres que les deux Etats ont entamés avec la présence de Christine Lagarde le mois dernier au Conseil des ministres allemands. Nicolas Sarkozy a dit souhaiter qu'Ilse Aigner, l'homologue de Bruno Le Maire, ministre français de l'Agriculture, vienne à son tour en France dans le même cadre. Une manière de resserrer les liens entre les deux pays, qui représentent à eux deux près de la moitié de la production agricole européenne.

Quant à la délicate question de la volatilité des prix des matières premières agricoles, elle devrait faire l'objet d'un sommet des ministres de l'Agriculture lorsque la France prendra la présidence française du G20 pour un an à compter de novembre prochain. Le chef de l'Etat s'est engagé à l'organiser pendant cette période.

Marie-Josée Cougard, Les Echos, 7.4.2010
 

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