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S. Maquaire (Monoprix) : « Notre capacité d'innovation est toujours aussi forte »

10.11.2012, source : Les Echos.fr

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Stéphane Maquaire, directeur général du groupe Monoprix, répond aux questions des « Echos » à l'occasion du 80e anniversaire de la marque.

Monoprix fête ses 80 ans cette semaine. En quoi le concept actuel reste-t-il fidèle à celui des fondateurs ?

Monoprix a toujours eu un esprit pionnier, une grande capacité à se renouveler, à suivre les évolutions de la consommation et, souvent, à les anticiper. L’enseigne a, par exemple, été la première à lancer des marques propres en alimentaires dans les années 1940, l’une des premières à développer le libre-service intégral dans les années 1950, puis à lancer ses propres collections de mode, à ouvrir des rayons bio dans les années 1990, à devenir multiformat dans les années 2000 avec Monop et à prendre le virage du multicanal. Le tout avec un positionnement unique en centre-ville.


Monoprix, qui a une politique tarifaire plus élevée que les autres magasins, n’est-elle pas réservée à une clientèle urbaine aisée ?

Nous avons en centre-ville des coûts que n’ont pas les commerces de périphérie. De surcroît, nous apportons un service unique en réunissant sur 1.800 mètres carrés une offre large de 30.000 références qui répond à l’essentiel des besoins. Nous restons fidèle au « tout sous le même toit » alors que des spécialistes se sont développés dans tous les secteurs. J’ajoute que face à un contexte de consommation plus tendue, nous avons adapté nos prix. De septembre 2011 à septembre 2012, l’inflation de nos produits alimentaires a ainsi été nulle.


Comment réussissez-vous à tenir cette promesse du « tout sous le même toit » alors que même les hypermarchés n’y parviennent plus ?

Notre force, c’est à la fois notre capacité à renouveler notre offre - elle change à hauteur de 20 % chaque année dans l’alimentaire. Nous lançons régulièrement des marques inédites en exclusivité, comme le vernis américain Essie récemment. Et dans chacun de nos secteurs d’activité, comme l’habillement ou la maison, nous avons développé une véritable expertise avec 150 collaborateurs à notre siège qui conçoivent et dessinent les collections. Notre particularité est de développer une relation client conviviale avec un lien réel entre notre personnel en magasin et nos clients, un parcours client court et efficace, ainsi que des services importants comme des horaires d’ouverture et des formats adaptés aux citadins. Il faut savoir que nous comptons deux fois plus de personnel au mètre carré que les autres grandes surfaces.


Quel est encore votre potentiel de développement et comment innover à l’avenir ?

En 2011, nous avons ouvert 35 nouveaux magasins. Il seront encore 40 cette année. Il s’agit au trois quarts de nos concepts d’hyperproximité comme les Monop’, les DailyMonop’ ou les nouveaux Monop’Station développés dans les gares, ou les Naturalia. Ce que nous visons est de multiplier les points de contact. Mais il existe aussi un potentiel pour les Monoprix classiques. Nous ne sommes pas présents dans des villes comme Toulon, Saint-Etienne, Orléans ou Metz.

En termes d’innovation, nous rénovons régulièrement tous nos rayons (140 en 2011) et nous sommes en train de modifier nos rayons à service comme nos boucheries et nos boulangeries en positionnant notre offre le long des murs et en mettant le vendeur directement au contact des clients, comme nous l’avons déjà fait pour la poissonnerie ou les fromages. En termes de marketing, nous nous adaptons aux nouveaux usages, avec des applications pour mobiles, mais aussi une forte animation sur les réseaux sociaux comme sur Facebook où notre page compte 380.000 fans.


En 2013, vous allez passer sous le contrôle exclusif de Casino. Y aura-t-il des synergies ? Redoutez-vous que l’Autorité de la concurrence vous oblige à céder des magasins ?

Ce sera un changement important dans la mesure où nous sortirons du giron du groupe Galeries Lafayette dans lequel nous sommes depuis quatre-vingts ans. Et Philippe Houzé, qui a su dans les années 1980 résister aux sirènes de la périphérie et s’est beaucoup investi dans Monoprix, ne sera plus notre président. Mais, d’un autre côté, nous travaillons en harmonie avec Casino depuis quinze ans. Pour l’heure il est trop tôt pour parler de synergies. Pour ce qui concerne l’Autorité de la concurrence, elle réalisera une analyse détaillée et nous nous rangerons à ses décisions. Les arbitrages éventuels auront lieu au niveau du groupe Casino.

Propos recueillis par Philippe BERTRAND, Les Echos, 31/10/2012

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