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Restauration : Vincent Quandalle aux petits oignons chez Courtepaille

25.05.2014, source : Les Echos.fr

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Enfant, lors des départs en vacances, Vincent Quandalle, ses parents, sa sœur et son frère ne manquaient jamais de s’arrêter au bord d’une nationale, dans un restaurant Courtepaille, le temps de savourer des assiettes d’entrecôte ou d’andouillette frites. De Courtepaille, ce Lillois de cinquante ans est désormais président. Et il pilote, depuis la semaine dernière, l’enseigne à la chaumière, avec ses 4 000 salariés, ses 255 restaurants en France et ses 16,5 millions de clients par an.

Rendez-vous pris, dans un café, en lisière de Paris (75), au bout de l’A13. Plus adepte des petits déjeuners que des dîners d’affaires, Vincent Quandalle y organise des rencontres professionnelles, autour d’un expresso. Ouverte aux aurores, la brasserie se campe à mi-chemin entre son domicile, dans la campagne de Monfort-l’Amaury (78) et le siège de Courtepaille, à Evry (91). Et Vincent Quandalle, debout dès 5 h 30, est pragmatique. « Je déteste perdre mon temps », souffle avec bonne humeur cet homme qui va souvent droit au but. « Il a une vraie force de travail, de caractère et de morale. C’est un roc qui ne se laisse pas détourner de son objectif », raconte David Sirot, directeur général de Codic et ancien collègue, admiratif aussi de sa « mémoire saisissante, notamment en terme de chiffres ».

Consultant immobilier

Dans l’univers de la restauration rapide, ce patron aux allures de baroudeur est un « gros poisson ». D’ailleurs, jusqu’à mars 2013, il a présidé le SNARR, Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide, qui regroupe plus de 150 enseignes, dont McDonald’s, où Vincent Quandalle a réalisé une grande partie de sa carrière. « Je ne pensais pas que j’y resterais vingt ans. Mais tous les jours, j’apprenais quelque chose. J’ai adoré », confie cet amateur de bonnes tables, de bons vins et... de « Royal Cheese » burgers. Pourtant, ce fils d’un conseiller d’Etat n’envisageait pas d’entrer dans la restauration. Il s’inscrit d’abord en pharmacie. Mais gagné par l’ennui, se réoriente, dès 1983, vers le droit de l’urbanisme. Après un service militaire, où cet ancien joueur enseigne le tennis sur une base aérienne, il devient, en 1987, consultant en immobilier d’entreprise au sein de l’Uffi (Union Foncière et Financière). En 1991, il rejoint le promoteur Promogim comme directeur des opérations pour la région Nord, en pleine crise immobilière. Justement, c’est sa science des bâtiments qui l’amènera chez McDonald’s France. Le groupe l’embauche, en 1994, pour gérer l’implantation de nouveaux sites dans le Nord. Car cet homme, à la carrure de rugbyman mais pratiquant le golf et le VTT, est attaché à ses racines. Bien que n’étant guère du genre à rester enfermé dans un bureau : « J’adore le terrain et les voyages », dit-il, de retour de vacances aux Emirats arabes unis. Il quitte pourtant le Nord en 1996 pour gravir les échelons chez McDonald’s. En 2009, ce père de deux jumelles en deviendra directeur général délégué, chargé du développement dans 10 pays et de l’exploitation en France, auprès de Jean-Pierre Petit, dont il dit avoir tant appris.

Instinctif et affectif, ce fan des frères Cohen et des radios d’info n’en est pas moins modeste - son profil LinkedIn est rarement à jour. « Il est très peu démonstratif, mais c’est quelqu’un sur qui on peut compter », assure David Sirot. Pour Courtepaille, où il remplace Philippe Labbé, lui aussi ancien de McDonald’s, il a de grandes ambitions, y compris au-delà des frontières. « Dans la restauration, dit-il, la France a des atouts. »

Laurance N’KAOUA, Les Echos, le 22/05/2014.

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