Restauration : un nouveau chef pour refonder le Groupe Flo

08.09.2014, source : Les Echos.fr

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Dominique Giraudier, aux commandes du Groupe Flo depuis 13 ans, s’en va en désaccord avec ses grands actionnaires financiers. Il est remplacé par son homologue de Flunch, Vincent Lemaître.

Groupe Flo, l’un des poids lourds de la restauration commerciale en France, s’achemine vers une remise à plat de sa stratégie voire une éventuelle révision de son périmètre. La société, qui réunit les chaînes Hippopotamus, La Taverne de Maître Kanter, Tablapizza, Bistro Romain et de grandes brasseries, en premier lieu à Paris (75) – La Coupole, Bofinger et Petit Bofinger, Le Bœuf sur le Toit, Le Vaudeville… –, a annoncé fin août le départ de son directeur général, Dominique Giraudier, prélude à une nouvelle donne.

Dominique Giraudier, qui tenait les commandes opérationnelles de l’entreprise depuis près de treize ans après en avoir été le directeur financier – il avait rejoint la société en 1991 –, est remplacé, à compter du 1er septembre, par son homologue de Flunch, Vincent Lemaître.

Désaccord stratégique

Selon des sources concordantes, ce changement à la tête de Groupe Flo, entériné le 27 août en conseil d’administration, constitue la conclusion — logique — d’un désaccord stratégique qui remonte à plusieurs mois entre Dominique Giraudier et les grands actionnaires financiers de la société, détenue à hauteur de 70 % par un consortium d’investisseurs réunissant, d’une part, les groupes Albert Frère et Ackermans & Van Haaren (ils codétiennent les deux tiers du holding de tête) et, d’autre part, Tikehau Capital (le solde du capital est coté sur Nyse Euronext Paris). Pour mémoire, ce consortium de financiers avait pris le contrôle de l’entreprise courant 2006, soit en période de forte croissance pour la restauration commerciale et d’endettement facile.


Electrochoc

Or, selon un bon connaisseur de Groupe Flo, Dominique Giraudier aurait préféré au printemps dernier rendre son tablier que de se plier aux nouvelles exigences de ses actionnaires en termes de rentabilité dans un contexte devenu difficile pour le secteur d’activité. Même s’il fait preuve de résistance, le groupe, qui a dû remettre en cause la montée en gamme d’Hippopotamus, souffre indubitablement de la morosité ambiante. Son résultat net est ainsi passé entre 2011 et 2013 de 15 millions à 8 millions d’euros. La tendance s’est poursuivie au premier semestre avec un profit quasiment divisé par 3, à 1,8 million, ­tandis que la société décidait de supprimer 300 postes. En conséquence, les grands actionnaires attendent un électrochoc.

Si le nouveau venu, Vincent Lemaître, est un « pro » de la res­tauration, le consortium d’inves­tisseurs tiendra compte d’une réflexion stratégique en cours sur Groupe Flo avec l’appui d’un cabinet de conseil. « Un plan et des décisions » sont attendus au plus tard à la fin de l’année.

Dans ce cadre, des ventes d’activités ne sont pas à exclure, sachant que tout ou partie d’entre elles ont suscité ou suscitent des convoitises. En outre, souligne un expert du secteur, « les brasseries et la restau­ration commerciale de chaîne, ce n’est pas le même monde », ce qui pourrait conduire à envisager une scission. De prime abord, les brasseries parisiennes sont de nature à intéresser les groupes Joulie ou Bertrand. S’agissant des chaînes, un patron de réseau tient, de son côté, à rappeler que, « pour vendre, il faut un acheteur. On n’est plus du tout dans la situation d’avant-crise quand les financiers se positionnaient sur le secteur. On a un problème de ­conjoncture et on ne sait pas si on a touché le fond. » Cela étant, on peut imaginer un recentrage de Groupe Flo sur son métier d’opérateur de chaînes, en premier lieu d’Hippopotamus qui génère plus de la moitié des ventes sous enseignes (près de 57 % en 2013).

Par ailleurs, Groupe Flo a également annoncé le départ de son directeur financier, Arnaud Louet, à compter du 1er octobre. Ce dernier s’apprêterait à rejoindre une autre entreprise. En attendant une succession formelle, une directrice financière intérimaire a été désignée.

La chaîne Hippopotamus pèse lourd dans l’activité

Le parc de Groupe Flo réunissait 309 établissements à la fin 2013, dont 162 détenus en propre et 147 exploités en franchise. Hippopotamus, son principal réseau et l’un des grands acteurs sur le segment viande de boeuf, en réunissait, pour sa part, 177, dont 93 en propre.

Globalement, le groupe a enregistré un total de ventes sous enseignes de 525,7 millions d’euros l’an dernier, dont 298,2 millions d’euros générés par Hippopotamus. Les brasseries, soit 33 unités à la fin 2013, faisaient office de deuxième contributeur avec un total de ventes atteignant 91,4 millions d’euros.

Christophe PALIERSE, les Echos, le 28/08/2014

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