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Restauration rapide : une success-story à la mode halal

21.11.2011, source : Les Echos.fr

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En 2004, Nabil Djedjik est un jeune homme au chômage, fan de sandwichs... et qui songe à créer son emploi. Sept ans plus tard, il s’est mué en chef d’entreprise affirmé, gérant quatre restaurants et une société de distribution agroalimentaire qui affichent 16,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploient 50 salariés. Une success-story version halal qui ne doit rien au hasard. « Avec mon beau-frère, nous avons eu l’idée d’ouvrir un vrai point de restauration rapide moins "ethnique", proche des concepts américains et français, halal bien sûr ! », confie Nabil Djedjik.

La demande est énorme et le concept, baptisé H-express, démarre en flèche : « Nous n’avions aucun problème de clientèle. Notre souci, c’était plutôt l’approvisionnement. En effet, pas question de négliger une certification halal de qualité. » Un concept bien pensé qui fait des petits : Nabil ouvre deux autres H-express en Ile-de-France en 2005. « Etant consommateurs, nous connaissons très bien le marché. Les jeunes de 3e ou 4e génération ont davantage de moyens que leurs parents, des goûts différents : nous ne rêvons pas de manger des couscous ou des tagines ! » D’où l’idée de l’Alambra, restaurant-traiteur proposant des plats de traditions française, indienne, italienne, le tout 100 % halal.

Côté finance, en tant que musulman, Nabil Djedjik ne peut contracter de prêt. « Nous avons tout autofinancé. Cela nous oblige à maîtriser notre développement et nous a aidés à traverser la crise sans endettement ! » Fort de ce savoir-faire, Nabil s’est lancé dans une nouvelle aventure en 2008 avec Bibars, spécialisé dans la distribution de produits halal innovants (boisson maltée sans alcool, gamme de gâteaux, etc.). « Les géants de l’agroalimentaire se penchent sur ce marché. Le problème ? Ils ne le connaissent pas. Avant, il suffisait d’afficher "halal" pour vendre. Or, la jeune génération fait attention à la provenance, demande des certifications de qualité ! » Aujourd’hui, Nabil Djedjik souhaite structurer l’approvisionnement halal, avant, peut-être, de se lancer en franchise. Un seul regret : « La méconnaissance de ce marché. A l’étranger, par exemple à Dubai, les gens sont très demandeurs de produits traditionnels français, mais halal. Notre savoir-faire agroalimentaire aurait des cartes à jouer à l’international ! »


Valérie TALMON, Les Echos, 16/11/2011

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